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Désaccords et rupture au Bloc Québécois: Daniel Paillé perd son directeur général

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le chef bloquiste Daniel Paillé s'est dit surpris de la démission de Jean-Claude Rocheleau  (The Canadian Press Images/Denis Beaumont/Archives)
le chef bloquiste Daniel Paillé s'est dit surpris de la démission de Jean-Claude Rocheleau (The Canadian Press Images/Denis Beaumont/Archives)

OTTAWA - Aussitôt nommé, aussitôt parti. Deux mois après sa nomination, Jean-Claude Rocheleau a annoncé mardi qu’il renonçait à son mandat de directeur général du Bloc québécois.

«J'ai décidé d'accepter une offre et de retourner dans le milieu syndical, d'où je viens» a confirmé M. Rocheleau au Huffington Post Québec. M. Rocheleau a troqué son emploi au Bloc pour un poste similaire à l’Alliance québécoise des techniciens de l'image et du son (AQTIS).

Sa décision a surpris le chef bloquiste Daniel Paillé qui en a pris connaissance lundi après-midi. «On ne s’y attendait pas, on a tous été surpris», dit Karine Rossignol, attachée de presse de M. Paillé.

Toutefois, Mme Rossignol s’est tout de suite voulue rassurante. Selon elle, entre M. Paillé et M. Rocheleau, «il n’y a pas d’animosité ni de conflit.»

M. Rocheleau n’a pas voulu s’étendre là-dessus, et a affirmé que sa décision n’a pas été motivée par un quelconque désaccord idéologique entre lui et M. Paillé.

«Pas du tout, même que je reste jusqu'en mars, et je vais continuer d'appuyer le Bloc québécois», a-t-il dit. Même si les deux hommes affirment qu’il ne s’agit ni de rupture ni de limogeage, le départ précipité de M. Rocheleau est loin d’être un incident isolé depuis la récente débâcle du Bloc québécois aux élections fédérales.

Il y a quelques semaines à peine, Viviane Barbot, l’ancienne vice présidente du parti annonçait elle aussi sa démission, en citant le besoin personnel de changement. Tout comme M. Rocheleau, Mme Barbot a assuré que son départ n’a rien à voir avec la nouvelle direction du parti.

Ces départs viennent s’ajouter à la controverse non encore éclaircie entourant l’ancien chef Gilles Duceppe, sur les allégations concernant la gestion du parti. Dès son élection en décembre dernier, M. Paillé promettait de tout mettre en oeuvre pour reconstruire le parti après la cuisante défaite du 2 mai 2011.

Une démission qui cache autre chose?

Malgré les mots rassurants et de la part du chef du Bloc et de M. Rocheleau lui même, ce départ précipité de Jean-Claude Rocheleau risque fort de laisser libre cours aux spéculations.

Nommé par Daniel Paillé, M. Rocheleau était un proche de l’ancien chef du Bloc québecois, Gilles Duceppe. Ancien transfuge du NPD, ce syndicaliste de longue date était alors président du syndicat des employés de Shell lorsqu’il a été approché par M. Duceppe en 2010.

En mars 2011, M. Duceppe avait pris les devants pour signifier sa confiance inconditionnelle à M. Rocheleau en appuyant sa course à la nomination dans la circonscription de Pointe-de-l’Île. Une entrée en matière qui avait été critiquée par plusieurs militants du parti et qui avait couté à M. Rocheleau sa nomination, faute d’avoir pu récolter assez d’appuis dans ce comté.

Selon le bureau de M. Paillé, M. Rocheleau restera en poste jusqu’à la fin mars, date qui coïncide avec le prochain conseil général du parti. C’est lors du conseil que le parti se dotera d’un nouveau directeur général permanent.

D’ici là, «il y a plusieurs scénarios sur la table» affirme Mme Rossignol, en refusant de confirmer si le parti allait se doter d’un directeur général intérimaire ou encore d’un consultant.

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