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Sarkozy à Marseille: le candidat du peuple

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MARSEILLE, 19 février 2012 (AFP) - Le président Nicolas Sarkozy s'est attaché dimanche à peaufiner une image de "candidat du peuple", protecteur face à la crise et défenseur des valeurs identitaires, tout en poursuivant son matraquage contre son rival socialiste François Hollande.

Devant quelque 10.000 sympathisants brandissant des drapeaux tricolores dans une vaste salle d'un parc de Marseille (sud-est), le candidat de la droite, 57 ans, a commencé par dire qu'il était "venu parler de la France" qu'il "aime".

"Je veux être le candidat du peuple de France. Je ne serai pas le candidat d'une petite élite contre le peuple", a-t-il lancé, défendant ainsi le référendum auquel il veut recourir notamment sur "le contentieux de l'immigration" et "la formation des chômeurs".

Le candidat a expliqué à une salle conquise s'adresser à ceux qui pensent que se "tourner vers le peuple, c'est du populisme, parce qu'au fond d'eux-mêmes ils trouvent que le peuple n'est pas assez raisonnable, pas assez intelligent pour qu'on lui demande son avis".

Dès jeudi à Annecy (est), lors de son premier meeting, Nicolas Sarkozy s'était présenté en défenseur du "peuple" face à "l'entre-soi des élites", s'attirant des railleries de l'opposition, qui n'avait pas manqué de rappeler l'image d'un président fêtant sa victoire de 2007 au Fouquet's, restaurant chic des Champs-Elysées, ou adoptant comme première grande réforme un "bouclier fiscal" protecteur "pour les riches".

Sans le nommer, le chef de l'Etat s'en est à nouveau pris violemment à François Hollande, que les sondages donnent largement vainqueur à deux mois du premier tour. Il a accusé le candidat socialiste d'avoir un double discours sur les finances, de faire "semblant d'être Thatcher à Londres et Mitterrand à Paris".

Lundi dans des propos au journal britannique The Guardian, François Hollande avait tenté de tempérer les craintes de la finance à son égard, affirmant que la gauche, lorsqu'elle avait été au pouvoir en France, avait libéralisé l'économie, alors qu'il avait désigné, quelques jours auparavant, le "monde de la finance" comme son "seul adversaire".

François Hollande a réagi dimanche en accusant Nicolas Sarkozy de faire "campagne avec violence, avec agressivité", tout en relevant que le président sortant avait tenté de justifier son bilan sans faire aucune "proposition nouvelle".
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A Marseille, ville cosmopolite et terre d'immigration, fortement touchée par un chômage galopant, Nicolas Sarkozy a une fois encore dramatisé la situation, affirmant que la France touchée par la crise de 2008 avait "échappé à une catastrophe".

"Toutes les banques du monde ont failli disparaître (...), vos emplois étaient menacés. Nous avons réussi à empêcher cette catastrophe", s'est-il félicité, se posant en garant d'un Etat protecteur pour les Français face aux dérives de la finance.

Dans la salle, Brigitte Gensollen, 54 ans, est venue avec son père, Daniel, 81 ans. "La France est en pleine crise, il faut soutenir notre président", dit-elle. Lui reconnaît que la reconquête "va être difficile", parce que "beaucoup ont été chiffonnés" après "un début de mandat catastrophique".

Nicolas Sarkozy a réaffirmé l'ancrage à droite de sa campagne, défendant les valeurs identitaires de la France et agitant le spectre d'une dérive communautariste pour justifier son opposition au vote des étrangers (hors UE) aux élections locales --alors qu'il y était favorable il y a quelques années.

Enfin, il s'est prononcé pour l'introduction "à la marge" d'une dose de proportionnelle pour les élections législatives, jugeant que le mode de scrutin actuel, majoritaire à deux tours, tenait à l'écart de "grands courants de notre vie politique", en allusion à l'extrême droite.

Sans surprise, la gauche a tiré à boulet rouge sur le président, dénonçant un discours populiste. Tout comme la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen, créditée de 15 à 19% des suffrages au premier tour, qui voit d'un mauvais oeil la droite venir ratisser sur son terrain. Elle a appelé lors d'un rassemblement à Lille (nord) à donner "un carton rouge" au sortant, candidat des "puissants" qui se sont enrichis pendant la crise.

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