Médicaments: risque de pénurie au Québec

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Le Québec risque de connaître une nouvelle pénurie de médicaments dans les prochains mois. (Flickr)
Le Québec risque de connaître une nouvelle pénurie de médicaments dans les prochains mois. (Flickr)

(Radio-Canada.ca)

Le Québec risque de connaître une nouvelle pénurie de médicaments dans les prochains mois. En effet, l'usine québécoise de Sandoz, propriété de la multinationale suisse Novartis, a annoncé un arrêt partiel de sa production.

Sandoz, deuxième producteur mondial de médicaments génériques, annonce qu'il « réduira substantiellement le début de production » de son usine de Boucherville, spécialisée dans la production de médicaments injectables utilisés dans les hôpitaux, entraînant « vraisemblablement des ruptures temporaires dans l'approvisionnement de certains produits ».

« Nous avons déjà cessé la production d'onguents, de produits ophtalmiques et de suppositoires, ainsi que de tous médicaments injectables non essentiels, afin d'accorder la priorité à la production », écrit le président et directeur général de Sandoz Canada, Michel Robidoux, dans une lettre obtenue par Radio-Canada et datée du 15 février.

Cet arrêt partiel découle des recommandations de la Food and Drug Administration, l'agence de santé publique américaine, qui a effectué une série d'inspections de l'usine l'année dernière, et a constaté des manquements aux bonnes pratiques de fabrication.

Sandoz Canada, qui emploie 800 employés dans son usine de Boucherville, soutient néanmoins qu'elle priorisera dorénavant la préparation des médicaments essentiels, afin que les patients atteints de maladies graves continuent de recevoir un traitement adéquat. L'entreprise prévoit cependant produire une moins grande quantité de certains de ces produits.

Une situation « préoccupante »

Pour Diane Lamarre, présidente de l'Ordre des pharmaciens du Québec, cette situation est « préoccupante », puisque Sandoz produit beaucoup de médicaments au Québec, étant même un fournisseur exclusif pour certains produits.

Mme Lamarre affirme néanmoins qu'elle fera de son mieux pour « assurer un accès approprié » des médicaments aux Québécois.

« Il faut voir ce qu'on va faire pour assurer la protection du public, et je peux vous dire que les pharmaciens s'affairent à discuter avec Sandoz de la bonne répartition des médicaments produits, et [des] situations où les médicaments ne sont pas disponibles », a-t-elle affirmé, lors d'un entretien avec Radio-Canada.

La présidente de l'Ordre des pharmaciens du Québec suggère la mise sur pied d'une agence fédérale ou provinciale qui veillerait à introduire des mesures préventives pour éviter ce genre de situation.

« Actuellement, on laisse beaucoup aux professionnels de la santé, les pharmaciens et les médecins, le soin de gérer les pénuries », déplore Diane Lamarre, ajoutant qu'en France, un fabricant ne souhaitant plus produire un médicament doit donner un préavis d'un an.

« Santé Canada pourrait travailler à [mettre en place] des mesures similaires », propose-t-elle.

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