La CAQ compte relancer le débat sur la place de la religion à l'école

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RELIGION
La Coalition avenir Québec (CAQ) veut relancer le débat sur la place de la religion à l'école. (Photo Alamy) | Alamy

QUÉBEC - La Coalition avenir Québec (CAQ) veut relancer le débat sur la place de la religion à l'école et en faire un enjeu électoral.

En point de presse vendredi, le député Éric Caire s'est dit satisfait de la décision unanime rendue par la Cour suprême statuant que le cours d'éthique et de culture religieuse (ECR) n'entrave pas la liberté de conscience et de religion des parents et des enfants.

Néanmoins, la décision du plus haut tribunal du pays ne règle en rien la question de fond que pose l'enseignement de la religion en classe, a estimé le porte-parole caquiste en matière d'éducation.

«Ce jugement-là est correct: le cours d'éthique et de culture religieuse n'est pas confessionnel, il ne heurte pas de plein fouet quelque conviction ou foi que ce soit. Maintenant, ce que le tribunal ne fait pas, c'est le débat de société. Est-ce qu'il y a de la place pour l'enseignement de la religion à l'école? Ce débat, on doit le faire», a soutenu M. Caire.

La formation politique de François Legault fera connaître sa position à cet égard «dans les prochains jours», a déclaré le député de La Peltrie.

«Quel est l'espace pour l'enseignement de la religion? Où est-ce que ça se fait? À quel moment ça se fait? Par qui ça se fait? (...) On va déposer une position très claire qui va répondre à ces questions-là», a-t-il promis.

Pour la CAQ, le nécessaire «débat de société» ne se limite pas à la seule question de la religion à l'école.

La Coalition compte ratisser plus large en abordant le dossier des accommodements raisonnables, une initiative qui avait fait recette pour feu l'Action démocratique à l'automne 2006.

Avec le projet de loi 94 dans les limbes depuis près de deux ans, la gestion des accommodements raisonnables est laissée à l'avenant faute de courage politique, a dénoncé M. Caire.

«Les initiatives timides du gouvernement donnent ce que l'on voit: le débat n'est pas fait. On a essayé de l'évacuer mais ça ne fonctionne pas. Il va falloir adresser (sic) ce problème-là de front. C'est vrai pour les accommodements raisonnables, c'est vrai pour l'enseignement de la religion à l'école», a-t-il fait valoir.

Afin d'illustrer à quel point la question n'est pas réglée, le député a cité le cas de cet enseignant de musique de Sorel-Tracy qui a cru opportun de censurer un passage d'une chanson d'Édith Piaf faisant allusion à Dieu.

«Quand on en est rendu à censurer un monument de la chanson française, quand on est rendu mal à l'aise d'entendre 'Dieu réunit ceux qui s'aiment' dans une chanson, on comprend que le projet de loi 94 ne viendra rien régler. Ça prend des balises beaucoup plus claires», a-t-il dit.

La CAQ souhaite débattre de la place de la religion à l'école pendant la prochaine campagne électorale. Les autres partis devront se commettre et défendre leurs positions auprès des électeurs, a indiqué M. Caire.

«Il y a une campagne électorale qui s'en vient, chacun devra y aller de sa proposition et on laissera la population trancher», a-t-il lancé.

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, n'a pas tardé à condamner les propos de son adversaire caquiste. Selon elle, le dossier de l'enseignement religieux au Québec est maintenant réglé avec la décision de la Cour suprême au sujet du cours d'ECR.

Elle a accusé la Coalition de vouloir semer la division.

«La CAQ essaie de souffler sur des braises pour susciter des débats déchirants et 'divisants' entre les Québécois. Je peux juste le déplorer, ce n'est pas nécessaire», a-t-elle dit.

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