Registre des armes d'épaule: Stephen Harper met l'opposition au défi

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Stephen Harper a mis les partis d'opposition au défi concernant le registre des armes d'épaule. (Shutterstock) | Shutterstock

OTTAWA - Le registre des armes d'épaule est peut-être bien mort et enterré aux Communes, mais l'évoquer peut constituer une arme à double tranchant pour les partis d'opposition.

C'est sûrement ce que s'est dit Stephen Harper à la période de question aux Communes jeudi, en les mettant au défi de promettre de remettre sur pied le registre des armes d'épaule s'ils étaient élus.

Le premier ministre tendait ainsi un piège à ses adversaires politiques. Néo-démocrates et libéraux dénoncent en effet l'abolition du registre des armes d'épaule, mais ils refusent de s'engager à le rebâtir de zéro. Le coût d'un tel projet pourrait se révéler astronomique, ce qui refroidirait bien des électeurs.

«Je vais le présenter simplement de cette façon. J'ai pensé qu'hier était un grand jour pour les Canadiens qui se conforment à la loi», a lancé Stephen Harper à une question de la néo-démocrate Françoise Boivin.

«Si le NPD et le Parti libéral croient vraiment au registre des armes d'épaule, alors je les mets au défi de venir ici en Chambre tous les jours à partir de maintenant jusqu'aux prochains élections et dire aux Canadiens qu'ils vont le ramener. Nous serions heureux de les affronter», a-t-il crâné.

À la sortie de la période de questions, tant les néo-démocrates que les libéraux ne se sont pas montrés bien chauds à l'idée de tout recommencer du début.

«Quand on voit ce que ça a coûté depuis le temps (...), je vais être une de celles qui va écouter sérieusement ceux qui vont dire qu’ils ont l’intention de le repartir à zéro», a admis Mme Boivin.

«Ça coûterait beaucoup d’argent», a également concédé le libéral Marc Garneau, ajoutant que bien des choses pourraient entrer en ligne de compte dans la décision d'inclure ou non un registre dans la prochaine plate-forme libérale.

Le projet de loi abolissant le registre des armes longues a été adopté mercredi soir à Ottawa. Les conservateurs ont annoncé que toutes les données qu'il contient seraient détruites «dès que possible», après son adoption par le Sénat et son obtention de la sanction royale. Québec se prépare pour sa part à s'adresser aux tribunaux pour empêcher la suppression des données afin de mettre sur pied son propre registre provincial.

Lettre d'Alain Poirier

Puisque le projet de loi doit encore passer le test de la Chambre haute, le directeur de la santé publique du Québec, Alain Poirier, a décidé d'interpeller les sénateurs issus de la province dans l'espoir de renverser la vapeur.

Dans une lettre expédiée jeudi, M. Poirier avance qu'il ne fait pas de doute que le registre sauve de nombreuses vies. Il demande aux sénateurs de toutes allégeances de s'opposer au projet de loi et d'encourager leurs collègues des autres provinces à faire de même.

«Le démantèlement du registre des armes d'épaule signifierait la perte irrémédiable des sommes investies par le gouvernement canadien pour le mettre en place, en plus des sommes épargnées par les centaines de vies sauvées», a écrit M. Poirier.

Les conservateurs sont majoritaires au Sénat, mais il arrive que certains sénateurs sortent du rang en brisant la ligne de parti.

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