La censure de Piaf déchaîne les passions

Splashpiaf

Le Huffington Post Québec   Première Publication: 16/02/2012 12:34 Mis à jour: 17/02/2012 08:34

MONTREAL - La censure d'une chanson d'Edith Piaf dans une école primaire de Sorel-Tracy suscite des remous jusqu'à l'Assemblée nationale. Un enseignant soucieux de laïcité a supprimé la dernière phrase de L'Hymne à l'amour selon laquelle «Dieu réunit ceux qui s'aiment».

Des parents d'élèves se sont émus de cette atteinte à l'une des chansons les plus connues de la francophonie par l'école Saint-Gabriel-Lalemant. Mais un porte-parole de la Commission scolaire de Sorel-Tracy a défendu le choix du professeur de musique, qui préparait le spectacle de fin d'année pour ses élèves de 10 et 11 ans.

«Il ne voulait pas aborder de thème religieux dans ce cours-là, d'où sa modification à la finale de la chanson», a expliqué Eric Choinière au réseau radiophonique Cogeco Nouvelles. «Je ne suis pas mal à l'aise qu'on ait enlevé un petit bout pour ne pas aborder cette question dans un contexte laïque», a-t-il ajouté.

Questionnées à l'Assemblée nationale, les ministres de la Culture et de l'Éducation, Christine St-Pierre et Line Beauchamp, se sont montrées exaspérées par cette décision.

«Ça n'a pas de bon sens, a lancé Christine St-Pierre. C'est de la censure de dire que cette chanson là n'a pas le mérite d'être entendue ou chantée par des enfants. C'est pas enseigner la religion que de chanter L'Hymne à l'amour

«Franchement!, a renchéri Line Beauchamp. Premièrement, on ne change pas les paroles d'une chanson comme ça. Deuxièmement, au Québec, y a pas l'interdiction de dire le mot Dieu ou le mot Jésus. C'est une chanson qui fait partie de notre répertoire francophone, y a plein de chansons québécoises où on parle du bon Dieu.»

Pour autant, la ministre Beauchamp n'a pas l'intention d'intervenir auprès de la commission scolaire.

L'incident a fourni à l'opposition péquiste le prétexte pour relancer le débat sur les accommodements raisonnables et la laïcité de l'État. La députée d'Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, a jugé que ce type d'incident survenait en raison du manque de balises définies par le gouvernement pour aider les gens à orienter leurs décisions en cas de doute.

Avec La Presse canadienne

VOS RÉACTIONS SUR TWITTER

ÉCOUTEZ LA CHANSON (non-censurée...!)
SUIVRE LE Québec

MONTREAL - La censure d'une chanson d'Edith Piaf dans une école primaire de Sorel-Tracy suscite des remous jusqu'à l'Assemblée nationale. Un enseignant soucieux de laïcité a supprimé la dernièr...
MONTREAL - La censure d'une chanson d'Edith Piaf dans une école primaire de Sorel-Tracy suscite des remous jusqu'à l'Assemblée nationale. Un enseignant soucieux de laïcité a supprimé la dernièr...
 
 
Les commentaires sont clôturés pour cette entrée.
Afficher tout
Favoris
Date de publication  | 
Popularité
Page: 1 2  Suiv ›  Dernière »  (2 du total)
00:32 sur 25/03/2012
étrange application du concept de laicité. On dirait la France des années 1890-1905, avant le vote de la fameuse loi. Bienvenue à Clochemerle!
13:12 sur 23/02/2012
Je trouve qu'il y a, encore une fois, exagération. L'article débute avec "La censure d'une chanson...", Mme St-Pierre affirme que "c'est de la censure de dire que cette chanson là n'a pas le mérite d'être entendue ou chantée", Mme Beauchamp prétend qu'"on ne change pas les paroles d'une chanson comme ça". Pourtant, dans les faits, le professeur n'a pas censuré la chanson, ni changé des paroles, ni empêché d'entendre ou de chanter. Certes, il a omis le dernier passage mais il a aussi gardé tout le reste! Les professeurs de musique au primaire modifient souvent des passages pour diverses raisons. Avec une heure de cours de musique par semaine donnée à 25 élèves par classe, ils choisissent leur combat. Je trouve au contraire que ce professeur a choisi de faire découvrir à ses élèves un grand classique contrairement à d'autres qui choisissent des chansons telle que la sorcière Grabouilla.
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Godefroi
Honni soit qui mal y pense
12:12 sur 18/02/2012
Comme Charest, n'importe quoi pour se faire voir avant les élections
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
rodrigue
11:41 sur 17/02/2012
En effet, ce professeur a erré, mais qu'en est-il de sa patronne? Mme Beauchamp, vous semblez indigné par le geste posé, mais qu'entendez-vous faire? Votre job peut-être...
11:12 sur 17/02/2012
prof de musique qui vient de faire une fausse note

manque de professionnalisme
09:32 sur 17/02/2012
Tu parles d'un cornichon. Et les zozos de la COMMISSION SCOLAIRE qui approuvent ... il fait l'analyse d'une chanson, on lui demande pas de donner un cours de catéchèse. Avec un jugement pareil, pas rassurant sur le genre d'éducation qu'il donne à ses élèves.
08:04 sur 17/02/2012
Nous voyons ce genre de bêtises presque seulement au Canada.
Cela me rappelle les fondamentalistes musulmans qui ont envisagé couvrir les statues pharaoniques avec de la cire en Égypte.
Monsieur le professeur, si chaque saboteur comme vous est accordé la permission d’ajouter sa touche magique aux œuvres d’art, le patrimoine culturel de l’humanité finira défiguré, comme votre raison malade et celle de vos amis à la commission scolaire.
Et quels sont vos futurs projets pour la musique sacrée ?
Que Dieu nous protège des imbéciles, ils sont plus dangereux que les terroristes.
Et, à propos, si vous n’aimez pas le fait que je viens d’utiliser le mot « Dieu », j’ai toute confiance que vous savez exactement ce que vous devrez aller vous faire !
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
07:46 sur 17/02/2012
Oh, oh, la laïcité, il faut très précisément la circonscrite

http://ysengrimus.wordpress.com/2011/06/01/laicite-ouverte-ou-laicite-definie-eh-bien%E2%80%A6-laicite-ouverte-et-laicite-definie%E2%80%A6/

Histoire de clairement tamiser sa solide dimension progressiste des inévitables pulsions rétrogrades de notre ethnocentrisme bien intentionné.
Paul Laurendeau
19:34 sur 16/02/2012
L'imbécilité de nos enseignants ...à la place des parents je me méfierais ainsi que de la Commission scolaire !
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Bec DeCorbeau
Le langage de l'invisible est le silence
18:50 sur 16/02/2012
S'il faut enlever une croix sur un mur à cause de la laïcité, et bien elle a raison. Retirons Dieu du vocabulaire des fonctionnaires.
18:55 sur 16/02/2012
Il n'y a aucune raison pour ni un, ni l'autre.
17:32 sur 16/02/2012
c'est une des belles chansons de tous les temps et transcende toutes les langues
17:28 sur 16/02/2012
sécularisme a toutes les réponses, il semble .....
17:08 sur 16/02/2012
Pourquoi discuter de Dieu dans une classe de musique? Tout ce qu'il doit faire c'est d'enseigner aux etudiants a chanter la chanson correctement........
16:45 sur 16/02/2012
Vous rendez-vous compte où nous en sommes avec tous les discours sur la laïcité ou les accomodements raisonnables ou tout ce que vous voudrez... Va-t-on finalement un jour s'assumer comme société et éviter de tels situations.
15:35 sur 16/02/2012
Cet inculte n'a pas compris que le concept de Dieu n'a jamais été autres choses qu'une forme poétique et mythique pour désigner en un seul mot cette espérance qu'il puisse y avoir un dessein à nos souffrances. Édith Piaf a fait de la chanson un grand art. À quoi sert le grand art, sinon à la plus noble des tâches, celle de consoler? Tout cela, sans effet de boucane, sans laser et sans projection spectaculaire. Je suis athée, mais la messe en si mineur de J. S. Bach et la Missa da Requiem de Verdi me tireront toujours des larmes. Artistiquement, les dieux sont une belle idée, qu'ils s'appellent Pluton, Jupiter, Wotan, Zeus, Erda ou...Jésus. D'où vient l'inculture de notre jeunesse? Cette histoire nous en donne quelques indices.