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La censure de Piaf déchaîne les passions

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Les ministres de la Culture et de l'Éducation, Christine St-Pierre et Line Beauchamp, se sont montrées exaspérées par la censure d'une chanson de Piaf (PC) | PC

MONTREAL - La censure d'une chanson d'Edith Piaf dans une école primaire de Sorel-Tracy suscite des remous jusqu'à l'Assemblée nationale. Un enseignant soucieux de laïcité a supprimé la dernière phrase de L'Hymne à l'amour selon laquelle «Dieu réunit ceux qui s'aiment».

Des parents d'élèves se sont émus de cette atteinte à l'une des chansons les plus connues de la francophonie par l'école Saint-Gabriel-Lalemant. Mais un porte-parole de la Commission scolaire de Sorel-Tracy a défendu le choix du professeur de musique, qui préparait le spectacle de fin d'année pour ses élèves de 10 et 11 ans.

«Il ne voulait pas aborder de thème religieux dans ce cours-là, d'où sa modification à la finale de la chanson», a expliqué Eric Choinière au réseau radiophonique Cogeco Nouvelles. «Je ne suis pas mal à l'aise qu'on ait enlevé un petit bout pour ne pas aborder cette question dans un contexte laïque», a-t-il ajouté.

Questionnées à l'Assemblée nationale, les ministres de la Culture et de l'Éducation, Christine St-Pierre et Line Beauchamp, se sont montrées exaspérées par cette décision.

«Ça n'a pas de bon sens, a lancé Christine St-Pierre. C'est de la censure de dire que cette chanson là n'a pas le mérite d'être entendue ou chantée par des enfants. C'est pas enseigner la religion que de chanter L'Hymne à l'amour

«Franchement!, a renchéri Line Beauchamp. Premièrement, on ne change pas les paroles d'une chanson comme ça. Deuxièmement, au Québec, y a pas l'interdiction de dire le mot Dieu ou le mot Jésus. C'est une chanson qui fait partie de notre répertoire francophone, y a plein de chansons québécoises où on parle du bon Dieu.»

Pour autant, la ministre Beauchamp n'a pas l'intention d'intervenir auprès de la commission scolaire.

L'incident a fourni à l'opposition péquiste le prétexte pour relancer le débat sur les accommodements raisonnables et la laïcité de l'État. La députée d'Hochelaga-Maisonneuve, Carole Poirier, a jugé que ce type d'incident survenait en raison du manque de balises définies par le gouvernement pour aider les gens à orienter leurs décisions en cas de doute.

Avec La Presse canadienne

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