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Sarkozy sur la ligne de départ: forces et faiblesses

15/02/2012 01:32 EST | Actualisé 16/04/2012 05:12 EDT

PARIS - Si l'on en croit les derniers sondages, Nicolas Sarkozy est en mauvaise posture. Pourtant, l'entourage du chef de l'Etat mise sur une stratégie valorisant crédibilité, compétence face à la crise et courage pour espérer voir son champion l'emporter.

François Hollande et Nicolas Sarkozy récoltent respectivement 28% et 24% des intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle, selon un sondage mensuel Harris Interactive pour VSD publié mercredi. S'ils gagnent chacun un point en février, l'écart reste toujours favorable au candidat du PS. Ainsi, au second tour, le député de Corrèze, avec 57%, devancerait très largement le chef de l'Etat (43.

Une source gouvernementale reconnaît que la situation est "compliquée", mais souligne qu'Hollande est "encore rattrapable".

L'entourage présidentiel mise sur le fait qu'en dépit de sa popularité très basse, le chef de l'Etat peut récolter des intentions de vote sur sa crédibilité face à la crise.

Selon l'institut CSA, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy est passé de 65% des Français déclarant avoir confiance en lui en juillet 2007, à 35% en février 2012.

Malgré ses efforts pour s'en défaire, Nicolas Sarkozy pâtit toujours de son image "bling-bling" du début du quinquennat. La célébration au Fouquet's de sa victoire à la présidentielle, les quelques jours passés sur le yacht de son ami, l'homme d'affaires Vincent Bolloré, ou encore la visite médiatisée avec Carla Bruni dans les ruines nabatéennes de Petra en Jordanie, sont autant d'images frappantes restées ancrées.

Autre slogan négatif, le fameux "casse-toi pauvre con" prononcé au salon de l'Agriculture le 23 février 2008, en réponse à un homme lui refusant une poignée de main. Le chef de l'Etat est aussi fautif d'avoir voulu soutenir l'accession de son fils, Jean Sarkozy, à la tête de l'EPAD (Etablissement public pour l'aménagement de la région de la Défense) à l'automne 2009 -lequel a finalement dû faire marche arrière devant la polémique suscitée.

Depuis, Nicolas Sarkozy a travaillé à adopter une posture plus présidentielle, vantant à plusieurs reprises sa capacité à "changer". A l'international, Nicolas Sarkozy jouit d'une stature reconnue, et fait partie des chefs d'Etat les plus écoutés.

Le président a joué un rôle-clé lors du conflit opposant Russie et Géorgie en Ossétie du Sud, en août 2008. Il a aussi engagé les soldats français en Libye et en Côte d'Ivoire. En 2011, la France a présidé le G8 et le G20. Et il a su s'imposer sur le plan européen, jouant de son tandem avec la chancelière allemande Angela Merkel.

Elu en 2007 sur le slogan "travailler plus pour gagner plus", dans un contexte économique favorable, Nicolas sarkozy a été confronté à la crise financière dès l'été 2008, à laquelle a succédé, à partir de 2010, la crise des dettes souveraines en Europe. Ainsi, l'une des réformes-phares du début de quinquennat, le bouclier fiscal, s'est retourné en effet boomerang contre le gouvernement, qui ne l'a abandonné que tardivement.

A son actif, Nicolas sarkozy se félicite d'avoir réussi à imposer la réforme des retraites, et estime que les plans de rigueur d'août et novembre 2011 ont évité à la France de se retrouver en situation encore plus périlleuse, à l'image de l'Italie ou de l'Espagne.

Le chef de l'Etat utilise l'argument économique pour affirmer sa crédibilité et sa compétence, par opposition à son principal adversaire, François Hollande. "Je vous dis la vérité", ne cesse-t-il de répéter lors de ses déplacements en province, à la rencontre des salariés des entreprises visitées.

Dans l'entourage du chef de l'Etat, les stratèges estiment que la campagne ne doit pas "vendre du rêve" ou être "magique", mais qu'il faut faire "le pari de la raison". "Ce n'est pas une question de désir, c'est une question de crédibilité et de courage", explique ainsi une source bien informée à l'UMP.

"Dans un contexte de crise, nos concitoyens sont prêts à faire le choix de la compétence, de la rationalité", souligne un autre responsable UMP. Il reste désormais à Nicolas Sarkozy 67 jours pour convaincre. AP

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