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Sarkozy officialise sa candidature

15/02/2012 04:40 EST | Actualisé 16/04/2012 05:12 EDT

PARIS - Nicolas Sarkozy a endossé le costume de candidat-président mercredi soir, officialisant sa décision de briguer un second mandat, pendant lequel il promet, s'il est élu, de "redonner la parole au peuple français par le référendum".

Sur le plateau du 20h de TF1, où il est venu accompagné de son épouse Carla, Nicolas Sarkozy a annoncé une décision qu'il ne cachait plus depuis des semaines. Dans la crise actuelle, "ne pas solliciter à nouveau la confiance des Français, ça serait comme un abandon de poste", a-t-il expliqué. "Est-ce qu'on imagine le capitaine d'un navire dont le bateau serait en pleine tempête dire 'ben non, je suis fatigué, je renonce et j'arrête'?".

Le chef de l'Etat a admis des failles dans son bilan: "On ne peut pas tout faire en cinq ans, et par ailleurs nous avons connu depuis trois ans une succession de crises d'une violence inouïe", a-t-il souligné, tout en vantant ses grandes réformes: "l'autonomie des universités, la réforme des retraites, la réduction indispensable des dépenses" et "l'allégement de charges des entreprises".

Au passage, il s'est félicité de la croissance de 0,2% au quatrième trimestre de 2011, annoncée mercredi matin. "Ça veut dire que les réformes que nous avons engagées commencent à produire leur effet", a-t-il espéré.

"Si vous voulez me faire dire qu'on n'a pas tout réussi, ça c'est sûr mais moi, je ne connais pas de gens qui ont tout réussi", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a donné quelques pistes concernant son programme de campagne: "changer notre mode de formation des chômeurs", "changer notre Education nationale", "poursuivre l'effort indispensable de réduction des dépenses".

Il a surtout présenté "une idée centrale" dans ses "engagements" pour un second quinquennat: "redonner la parole au peuple français par le référendum".

"Chaque fois qu'il y aura blocage je ferai trancher le peuple français", a-t-il promis. "Il ne faut pas avoir peur de la parole du peuple."

Comme il l'avait précisé dans son interview au "Figaro Magazine" paru le 11 février, il souhaite, s'il est réélu, que le premier référendum porte sur la question "de l'indemnisation du chômage et de la formation des chômeurs". La situation actuelle repose sur "une forme d'assistanat qui consiste à dire aux gens 'on vous aide à survivre', ça suffit", a-t-il estimé.

"Le travail, c'est une valeur centrale", a-t-il répété, faisant écho à sa campagne de 2007 et son célèbre slogan "travailler plus pour gagner plus".

Mis au pied du mur par des sondages qui ne décollent pas, Nicolas Sarkozy a avancé la date d'annonce de sa candidature, d'abord prévue début mars.

"J'ai besoin du rassemblement le plus large", a-t-il analysé, en disant vouloir s'adresser aux Français, "pas simplement de droite".

"Il faut que les Français comprennent que la question essentielle qui est posée, c'est celle que, si la France est forte, ils seront protégés", a-t-il ajouté, laissant entrevoir un slogan de campagne.

"Quelle campagne je vais faire? Je vais essayer de dire la vérité", de "poser les bonnes questions" et de "proposer des idées fortes", a-t-il résumé, disant avoir hâte de "retrouver les Français".

Le président a une nouvelle fois critiqué le candidat socialiste François Hollande, donné favori dans tous les sondages, qui tenait meeting à Rouen et qui était alors en plein discours.

"Est-ce que vous croyez vraiment que (...) l'on peut dire aux Français: 'il n'y a pas besoin de faire d'économies? Est-ce que vraiment c'est raisonnable de dire qu'on a les moyens d'embaucher 60.000 fonctionnaires de plus? (...) Est-ce que c'est raisonnable de dire que l'immigration, on va régulariser tout le monde?", s'est emporté Nicolas Sarkozy.

Le candidat socialiste s'est engagé à créer 60.000 emplois en cinq ans dans l'Education nationale, tout en maintenant à un niveau constant les effectifs totaux de la fonction publique. Sur l'immigration, il prône une régularisation des sans-papiers qui rempliraient trois critères: emploi, famille et durée de séjour sur le territoire.

"J'en ai vu, au cours de ma longue carrière politique, des hommes politiques qui promettaient le rêve, ça se termine toujours en cauchemar", a attaqué Nicolas Sarkozy, alors que François Hollande s'est proposé de "réenchanter" le rêve français.

Le candidat-président sera dès ce jeudi en campagne à Annecy, où il déjeunera avec des personnalités savoyardes, avant de visiter une fromagerie puis de tenir son premier meeting à 18h30.

Depuis de nombreux mois, le chef de l'Etat ne cachait plus son intention de se représenter. Après l'investiture de François Hollande le 22 octobre par le PS, ses déplacements en province ont souvent pris un air de campagne: il y multipliait les piques contre la gauche, tout en défendant son bilan et ses efforts de lutte contre la crise. AP

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