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Retard dans la production des avions de combat: Ottawa n'a pas de plan B

15/02/2012 06:51 EST | Actualisé 16/04/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Des responsables de la Défense canadienne conviennent qu'il n'y a actuellement pas de plan B — ou de proposition de rechange — pour gérer les délais du programme des avions de combat F-35 mais assurent que ce n'est pas nécessaire en raison de la flexibilité de la flotte actuelle d'avions CF-18.

Toutefois, des rumeurs voulant que le gouvernement de Stephen Harper puisse être à la recherche d'une solution de rechange ont émergé mercredi, lorsque le ministre associé de la Défense, Julian Fantino, a suggéré aux partis d'opposition de «rester à l'écoute».

M. Fantino répondait à des questions concernant la déclaration du Pentagone suggérant que les prix des avions augmenteront en raison des délais et d'un nombre moins élevé de commandes.

Depuis des mois, les conservateurs se font talonner par l'opposition au sujet des délais et des dépassement de coûts du projet multinational. Certains alliés, dont l'Australie, ont plutôt commandé des avions Boeing Super Hornets, la version améliorée des CF-18, pour contourner les délais dans la production des F-35.

Un responsable de la Défense a cependant affirmé, sous le couvert de l'anonymat, qu'il n'était pas nécessaire que le Canada fasse de même, en raison de mises à niveau passées apportées à ses avions de combat.

Les mises à niveau signifie que les avions actuels peuvent «facilement» voler jusqu'en 2020, et même après.

L'Aviation royale canadienne ne doit pas recevoir ses premiers F-35, bâtis aux États-Unis par Lockheed Martin, avant 2016. La totalité des 65 avions commandés devrait arriver vers 2020.

«Les (CF-18) sont encore fonctionnels, mais ils seront plus lents à mesure que nous approcherons de leur durée de vie maximale», a expliqué le responsable dans une entrevue récente.

Depuis plusieurs mois, le débat à savoir si le Canada peut se permettre d'acquérir moins d'avions de chasse fait rage. Des documents internes de l'armée de l'air, rendus publics l'automne dernier, révélaient que le chiffre de 65 était considéré comme le minimum et pourrait un jour mettre en péril la capacité du Canada de participer à certaines missions.

Ni le ministre associé Fantino, ni le ministre de la Défense Peter MacKay ont indiqué si l'achat d'un plus petit nombre d'avion est envisagé en raison de l'augmentation des coûts.

«C'est très simple», a lancé le chef libéral par intérim, Bob Rae, qui a posé plusieurs questions à M. Fantino, tentant de l'amener à prendre de la distance d'avec ses notes.

«Depuis 18 mois, nous tentons d'avoir une réponse claire. Nous ne voulons pas de la réponse enregistrée. Nous avons besoin de vraies réponses à nos questions. Combien d'avions? À quel prix? Quand seront-ils livrés?»

«Est-ce que le ministre donnera une réponse claire aux Canadiens? Est-ce qu'ils vont commander le même nombre d'avions? Oui ou non?», a également lancé le député néo-démocrate Matthew Kellway.

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