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Nucléaire: l'Iran dit être prêt à négocier, tout en amplifiant ses activités

15/02/2012 08:09 EST | Actualisé 16/04/2012 05:12 EDT

TÉHÉRAN, Iran - L'Iran a affirmé à la communauté internationale être prêt à reprendre des pourparlers sur son programme nucléaire le plus tôt possible, selon une lettre obtenue mercredi par l'Associated Press.

Cette déclaration pourrait refléter la difficulté de l'Iran à faire face aux sanctions de l'UE et des États-Unis, ou plutôt représenter une nouvelle tactique de diversion alors que le pays va de l'avant avec des activités qui pourraient le rapprocher du développement de la bombe nucléaire.

La lettre du négociateur iranien en chef sur le nucléaire, Saeed Jalili, a été envoyée mardi, la veille de l'annonce par l'Iran de deux avancées majeures dans la production d'énergie nucléaire et de l'imminence d'un embargo pétrolier contre des pays européens pour répliquer aux sanctions économiques.

L'administration Obama s'est dite peu impressionnée par ces annonces, et a soutenu que l'attitude de Téhéran illustrait la pression ressentie par le pays en raison des sanctions économiques.

L'Iran a indiqué être sur le point d'imposer un gel des exportations de pétrole vers l'Europe, mais nié des informations ayant circulé plus tôt sur un embargo déjà en vigueur contre six pays.

La télévision d'État iranienne Press TV avait affirmé que l'Iran avait suspendu ses exportations de pétrole vers six pays européens en réaction aux sanctions de l'Union européenne comprenant un embargo sur le pétrole iranien à compter de juillet.

Les six pays qui seraient affectés par la décision de Téhéran sont: la France, les Pays-Bas, l'Espagne, l'Italie, la Grèce et le Portugal, selon Press TV. L'agence de presse semi-officielle Mehr affirme en revanche que la décision n'est pour l'instant appliquée qu'à la France et aux Pays-Bas. Les quatre autres pays auraient été sommés de signer des contrats à long terme, sous peine d'être également privés de pétrole iranien.

Les ventes de pétrole à l'Europe représentent environ 18 pour cent du total des exportations iraniennes de brut mais l'Iran assure avoir déjà trouvé des acheteurs pour compenser l'éventuelle perte.

L'UE a pris des sanctions supplémentaires pour tenter d'amener l'Iran à renoncer à ses activités nucléaires potentiellement militaires, même si Téhéran soutient que le but du programme est strictement civil.

Parallèlement, l'agence de presse officielle iranienne IRNA a annoncé mercredi le début de l'approvisionnement du réacteur de recherche de Téhéran en combustible nucléaire produit nationalement. Le président Mahmoud Ahmadinejad a lui-même introduit la première barre «made in Iran» lors d'une cérémonie diffusée en direct par la télévision d'État.

Puis, l'agence semi-officielle Fars a rapporté qu'une «nouvelle génération de centrifugeuses iraniennes» avait démarré leurs opérations dans la principale centrale d'enrichissement d'uranium à Natanz.

Interrogé à ce sujet, le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères a estimé que les dernières annonces de Téhéran concernant le nucléaire constituaient «autant de motifs de préoccupation supplémentaires pour la communauté internationale».

«Une nouvelle fois, alors que nous attendons de l'Iran qu'il se mette en conformité avec ses obligations internationales au titre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et du Conseil des gouverneurs de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique), ce pays choisit de faire des annonces qui vont à l'inverse de la volonté de coopération», a noté Romain Nadal.

«Le programme nucléaire militaire iranien constitue aujourd'hui l'une des plus graves menaces sur la paix non seulement de la région mais sur la paix du monde et nous avons la conviction que l'Iran continue à développer ce programme», a déclaré mardi le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, à l'Assemblée nationale. «Ces annonces de l'Iran ne font que renforcer cette conviction», a souligné M. Nadal.

«Nous n'accepterons pas un Iran doté de l'arme nucléaire. Pour reprendre, le dialogue devra porter sans préconditions sur le programme nucléaire. Le choix appartient à l'Iran, mais il doit bien mesurer que rester dans cette impasse, ce serait courir le risque de voir d'autres acteurs recourir à l'option militaire», a souligné M. Juppé mercredi devant la commission étrangère du Parlement européen à Strasbourg. Israël a menacé de lancer des frappes contre des installations nucléaires iraniennes.

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