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Musée McCord: Empreinte d'une ville, Montréal en sténopé, une exposition du photograhe Guy Glorieux

15/02/2012 04:09 EST | Actualisé 16/04/2012 05:12 EDT
Guy Glorieux Musée McCord

Guy Glorieux est non seulement un excellent photographe, mais aussi un recycleur. Il réutilise les vieilles boîtes de Q-tips, les contenants de peinture et les récipients de toutes sortes afin de créer ses propres caméras. C’est un expert du sténopé, une technique découverte il y a déjà plusieurs siècles sous le nom de la camera obscura.

En première mondiale, le Musée McCord présente les photographies de Glorieux, créées en collaboration avec UMA, la Maison de l’image et de la photographie. L’artiste utilise différents types d’environnements, qu’ils soient petits comme une boîte d’allumettes ou très grands comme la pièce d’un édifice. Après y avoir bloqué toutes sources de lumière, il perce un petit trou d’un millimètre à une extrémité et installe un papier photographique à l’autre. Enfin, il laisse la lumière s’infiltrer pendant plusieurs heures, pour ensuite développer le papier en chambre noir.

Cette technique produit une œuvre qui s’apparente au négatif; elle inverse la réalité. Le ciel est noir. Les gratte-ciels paraissent blancs et se tiennent fermes – comme dans la réalité. Cependant, tout ce qui bouge durant l’exposition devient une trace, un flou, un souffle. Les arbres se transforment en une silhouette feutrée, les feuilles frissonnant durant d’exposition.

L’origine du travail de Guy Glorieux a commencé humblement par un sténopé fabriqué dans une boîte en bois. Il l'a installé, immobile, dans sa fenêtre, afin de réaliser quelques clichés de l’extérieur de sa rue. Il a ensuite photographié le célèbre Centre Canadien d’Architecture (CCA). Il a passé plusieurs jours dans un bureau au 23e étage d’un édifice afin de photographier la magnificence de l’avenue du Parc qui se découpe dans le paysage urbain. Une paisible évocation emplit cette oeuvre. Il n’y a aucune automobile. Elles bougent trop rapidement pour laisser leur trace. Il ne reste que le bitume noir de l’avenue inoccupée contrastant avec le velouté des gazons des grands parcs pâles et vides qui l’entourent.

Glorieux passa des jours dans les bureaux obscurcis de la tour de Radio-Canada, afin de réaliser la photographie du fameux édifice Molson. La technique du sténopé peut reproduire les couleurs, mais l’exposition de Glorieux au Musée McCord présente 18 grandes photographies, en noir et blanc, dont l’une est la plus grande jamais installée au musée, faisant pratiquement 5 mètres de long. L’exposition «Empreintes d’une ville» nous révèle des images mythiques de Montréal, allant de la Sun Life au pont Jacques Cartier, toutes teintées d’une atmosphère mystérieuse évoquant une ville fantôme.

Une vidéo présentée dans la salle d’exposition nous explique le sténopé et nous montre Glorieux à l’œuvre.

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