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Libye: un procès montre le vide judiciaire quatre mois après la mort de Kadhafi

15/02/2012 05:30 EST | Actualisé 16/04/2012 05:12 EDT

BENGHAZI, Libye - L'un des premiers procès de milliers de Libyens détenus sous des soupçons de liens avec le régime déchu de Mouammar Kadhafi illustre le manque de préparation du système de justice du pays pour aborder ces dossiers.

Lors d'une audience dans la ville de l'est de Benghazi, mercredi, un juge de l'ère Kadhafi dans un tribunal militaire de l'ancien régime devait entendre des preuves contre 50 personnes accusées du crime propre à l'ère Kadhafi de «trahison contre la révolution».

Mais le juge a repoussé l'audience, car les militaires qui avaient détenu les accusés ont refusé de les amener en cour, citant des raisons de sécurité.

L'affaire souligne à quel point le pouvoir appartient toujours aux centaines de militaires ayant combattu les troupes de Kadhafi au cours des huit mois de la guerre civile, qui s'est terminée par la capture et l'assassinat du dictateur de longue date en octobre dernier.

Cela illustre aussi comment, un an après le début du soulèvement anti-Kadhafi, le Conseil national de transition à la tête du pays a fait peu de progrès pour combler le vide laissé par l'effondrement de l'ancien régime avec des institutions efficaces telles que des tribunaux et des forces de sécurité.

Le Conseil national de transition n'a pas été en mesure jusqu'à maintenant de prendre le contrôle des centres gérés par les groupes militaires pour détenir les personnes accusées d'avoir des liens avec le régime Kadhafi. Des groupes de défense des droits de l'homme soutiennent que ces centres abritent des milliers de personnes, certaines ayant été torturées.

Le chef du Conseil national de transition, Mustafa Abdul-Jalil, a reconnu en entrevue mercredi à Al-Jazira la lenteur de la prise de décision de l'entité de 72 membres. Il a fait valoir que des membres craignent qu'en «accélérant les choses, la corruption s'installe».

L'audience de mercredi était la deuxième pour 50 hommes détenus par un groupe militaire puissant de Benghazi, surnommé les martyrs du 17 février. Le juge était en poste sous Kadhafi, mais avait joint les rebelles au début du soulèvement.

Puisque le Conseil national de transition n'a pas encore rédigé de nouvelles lois, les accusés sont traduits selon les dispositions légales de l'ère Kadhafi.

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