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Katimavik dans le collimateur des compressions

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«On s'y attendait», a indiqué le député libéral Justin Trudeau, lui-même anciennement à la tête de Katimavik. | CP

OTTAWA — Katimavik, le programme de bénévolat pour les jeunes fondé par l'ex-sénateur Jacques Hébert en 1977, est dans le collimateur de compressions du gouvernement Harper, a appris Le Huffington Post.

«On s'y attendait», a indiqué le député libéral Justin Trudeau, lui-même anciennement à la tête de Katimavik, que son père Pierre-Elliott avait contribué à fonder lorsqu'il était premier ministre. «Il est devenu évident qu'un programme qui emploie la jeunesse, qui l'encourage à parcourir et à découvrir le pays et à servir les communautés, et voir comment ils peuvent faire une différence dans le monde, fera l'objet de compressions.»

Des sources ont confié au HuffPost que les conservateurs veulent réduire le financement de Katimavik, mais les discussions se poursuivent sur l'ampleur des compressions.

Le bureau du ministre du Patrimoine, James Moore, a insisté mardi sur le fait que cela ne signifie pas la fin du programme. «Aucune décision n'a été prise», a indiqué le porte-parole du ministre, James Maunder.

Katimavik, qui signifie lieu de rencontre en Inuktitut, est un programme qui s'adresse aux jeunes de 17 à 21 ans, qui peuvent aller faire du bénévolat dans 104 communautés au pays. Plus de 30 000 jeunes y ont participé. En 1986, le gouvernement de Brian Mulroney avait considérablement réduit son financement, avant que celui de Jean Chrétien le rétablisse en 1994.

L'organisme, qui a son siège social à Montréal, est financé à la fois par des dons et des subventions du ministère du Patrimoine.

La directrice des communications de Katimavik, Victoria Salvador, s'est montrée surprise. «Pour l'instant, personne ne nous a informé de compressions. Il n'y a pas eu de discussions là-dessus, et aucune indication à cet effet.»

Elle ajoute que Katimavik a beaucoup de soutien auprès du fédéral, et que les fonctionnaires recommanderaient de maintenir le programme en place.

Mais Justin Trudeau est convaincu que le gouvernement conservateur voit Katimavik comme un symbole libéral et qu'il est déterminé à lui faire mal, peu importe ce qu'il apporte aux jeunes du pays.

Il admet cependant que le programme coûte cher. «Vous prenez un jeune et vous l'envoyez à deux endroits à travers le pays. Le déplacement est payé, la nourriture, c'est une année d'expérience, alors bien sûr c'est plus coûteux qu'un week-end d'échange à Toronto. Mais c'est le genre d'investissement qui rapporte au Canada.»

M. Trudeau affirme que Katimavik tente continuellement de trouver de nouvelles sources de financement. Il croit que la direction actuelle de l'organisme devrait réagir face à la menace de compressions. «Je suis un peu en désaccord avec les administrateurs [...] qui ont décidé comme beaucoup d'autres ONG qu'il valait mieux être gentil avec le gouvernement et se dissocier de tout ce qui s'appelle libéral.»

«Ils ont mis de côté les photos de Jacques Hébert, qui était un grand libéral, ils ont changé leur mode de fonctionnement et nommé des gens plus proches des conservateurs dans l'espoir qu'ils soient épargnés.» Selon lui, le silence est «une grosse erreur».

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