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Gonzales ressasse le passé criminel de Stevenson en marge de leur duel de samedi

15/02/2012 12:41 EST | Actualisé 16/04/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Pour la première fois de sa carrière, Adonis Stevenson a vu un adversaire ressasser son passé criminel en marge d'un affrontement.

L'Américain Jesus Gonzales a décidé de jouer cette carte à la conférence de presse servant à mousser le combat qui aura lieu samedi, dans le cadre de la série «Rapide et Dangereux» du Groupe Yvon Michel.

Gonzales (27-1, 14 K.-O.), peu loquace sur le podium, n'a pas mâché ses mots à l'endroit de «Superman» une fois entouré des journalistes sur place.

«On peut toujours pardonner à un homme pauvre d'avoir commis un vol de banque ou d'avoir tué un homme en légitime défense», a-t-il indiqué après avoir lancé quelques remarques racistes à l'endroit de Stevenson, qui est d'origine haïtienne. «Mais il est impardonnable de violer des jeunes filles de 14 ou 15 ans et de les forcer à se prostituer.»

Le boxeur de Phoenix compte d'ailleurs porter le logo d'un refuge pour femmes de son patelin sur sa culotte lors de ce combat pour le titre intercontinental des super moyens de l'IBF, mais surtout du deuxième échelon de la liste des aspirants à la ceinture détenue par Lucian Bute.

Stevenson (16-2, 13 K.-O.), aujourd'hui âgé de 34 ans, a été condamné le 26 juin 2000 à huit mois de prison et trois ans de probation pour proxénétisme et voies de fait, notamment, alors qu'il frayait avec des gangs de rue. Le boxeur de Longueuil n'a pas bronché quand on lui a rapporté les propos de son adversaire.

«Le passé, c'est le passé, a dit le champion NABO, NABF et IBF intercontinental. J'ai payé ma dette à la société. Il peut dire ce qu'il veut.»

Pour Yvon Michel, président de GYM, il s'agit d'une belle histoire de réhabilitation.

«Adonis est une toute autre personne aujourd'hui. Il a deux petites filles. Il s'est pris en main. Il s'est organisé. Je pense que c'est un bel exemple, qui démontre qu'on peut se réhabiliter même si on a un mauvais entourage quand on est jeune.»

Comme un éléphant

Côté boxe, Gonzales estime que Stevenson n'a pas ce qu'il faut pour le vaincre.

«J'ai vu ses combats. Il est comme un gros éléphant: il tourne en rond, ne sait pas trop ce qu'il fait. Il ne peut pas être meilleur que ce que j'ai vu de lui et il sent la merde», a dit celui qui s'est rendu à Calgary pour son camp d'entraînement afin de s'entraîner en altitude et connaître les rigueurs de l'hiver canadien.

«J'ai vu qu'il ne pouvait pas encaisser la droite de Boone: je frappe beaucoup plus fort que Darnell Boone. Aussitôt que je le toucherai, on pourra lui dire bonne nuit. (...) Je vais le détruire.»

Boone est le seul boxeur à avoir vaincu Stevenson, par K.-O. technique au deuxième ronde, en 2010. Gonzales l'a quant à lui battu par décision unanime dans un combat de huit rounds disputé en 2006.

«Dans le ring, il n'y aura que lui et moi. On verra à la fin qui sera le gagnant», a répliqué Stevenson.

Les preneurs aux livres favorisent actuellement Gonzales pour l'emporter, ce qui ne surprend pas outre mesure Michel.

«Quand un de nos boxeurs fait les frais de la finale d'un gala 'Rapide et Dangereux', il sait qu'il est opposé à un très bon adversaire et qu'il devra travailler fort pour l'emporter», a fait valoir le promoteur, rappelant que ses protégés ont jusqu'ici une fiche de 4-3 lors de cette série d'événements.

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