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Cybersurveillance: attaqué, Vic Toews prêt à des amendements

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VIC TOEWS
CP

OTTAWA - À travers leur approche plus sévère face à la criminalité, les conservateurs apprennent une dure leçon : si vous vous attaquez à Internet, Internet vous attaquera.

Les réseaux sociaux et les blogues ont explosé mercredi, s'opposant au dépôt par le gouvernement de Stephen Harper du projet de loi C-30 qui donnerait à la police et aux espions un plus grand accès aux informations sur les internautes canadiens.

Un compte anonyme Twitter dévoilant des détails sur le divorce du ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, se retrouve au centre de cette campagne.

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Le compte @vikileaks30 révèle plusieurs informations sur le ministre, mettant en relation ses commentaires publics sur les valeurs familiales et sa vie personnelle.

En quelques heures, le compte avait plus de 3000 abonnés et a inspiré des centaines de commentaires, de montages photos et de blagues.

Le ministre Toews a rapidement condamné les publications sur son propre compte Twitter, qui ne compte qu'une fraction des abonnés de celui qu'il critiquait.

«Je ne m'impliquerai pas dans ce genre de politique de bas étage», a-t-il écrit. «Répondre à ce genre de discussions ne mène nulle part.»

Les documents juridiques portant sur le divorce de M. Toews sont disponibles depuis plusieurs années, mais aucun média d'importance ne s'y était attardé.

Des campagnes en ligne s'attaquant à un projet de loi spécifique ont connu du succès dans le passé, mais aucune d'entre elles ne s'attaquait à la vie privée d'un ministre.

L'an dernier, les conservateurs ont demandé au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de revoir une décision portant sur le concept de facturation d'Internet en fonction de l'utilisation après que la boîte courriel et le compte Twitter du ministre de l'Industrie de l'époque, Tony Clement, eurent été noyés de plaintes.

Aux États-Unis, une campagne Internet contre la loi pour faire cesser le piratage en ligne a fait reculer les législateurs et provoqué des changements.

Les conservateurs présentent le projet de loi C-30 comme une mesure visant à protéger les enfants contre les prédateurs sur Internet, mais des défenseurs du droit à la vie privée et des députés d'opposition estiment qu'il ratisse trop large.

Une autre clause permettrait aux autorités d'avoir accès aux informations personnelles des internautes canadiens — leur nom, leur adresse, leur numéro de téléphone et leur adresse courriel — sans devoir d'abord obtenir une autorisation du tribunal.

Actuellement, les fournisseurs de service Internet ont le choix de fournir ces informations à la police.

Le projet de loi canadien a provoqué une campagne, intitulée «Don't Toews Me Bro» qui cherche à unifier les opposants à la mesure.

Le nom de la campagne est un jeu de mot concocté avec le nom du ministre et le cri d'un étudiant floridien qui avait reçu une décharge de pistolet électrique, il y a cinq ans.

Les utilisateurs des réseaux sociaux ont rapidement adopté la phrase pour partager leurs commentaires sur le projet de loi C-30.

Un ancien candidat du Parti vert du Canada a créé une page web, intitulée «Don't Toews Me Bro», demandant aux opposants au projet de loi d'envoyer un courriel au ministre le mardi 21 février prochain, dans le cadre de ce qu'il a surnommé «Toewsday».

Les conservateurs ont déjà indiqué qu'ils savaient que le projet de loi était controversé, se montrant ouverts, mercredi, à y apporter des amendements.

Certains députés de l'opposition se sont demandés si la divulgation des documents de cour de M. Toews consituait la réponse appropriée, tout en maintenant leur opposition au projet de loi.

«Oui, nous vivons dans un monde compliqué maintenant, avec les réseaux sociaux. Nous sommes des personnalités publiques, oui. Nous nous comportons comme des personnalités publiques, oui», a indiqué la députée du Nouveau Parti démocratique (NPD), Megan Leslie.

«Parfois, des documents juridiques sont publics, oui. Mais je ne sais pas s'il est approprié de les répandre sur Twitter. Cela me semble un peu invasif.»

Son collègue néo-démocrate Charlie Angus a ajouté qu'il ne souhaite pas connaître les détails de la vie personnelle de M. Toews.

«Je crois que sa vie publique est suffisamment problématique pour les Canadiens», a dit M. Angus.

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