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Un dissident iranien accuse Ottawa d'attiser la haine envers Téhéran

14/02/2012 04:26 EST | Actualisé 15/04/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Un important dissident iranien accuse le gouvernement Harper d'alimenter l'hystérie avec une rhétorique inutile sur les ambitions nucléaires iraniennes.

Trita Parsi, président du Conseil national irano-américain, affirme que la diabolisation des leaders iraniens accroît la probabilité d'un conflit armé entre l'Iran et Israël.

M. Parsi soutient que de récentes déclarations du premier ministre Stephen Harper et du ministre des Affaires étrangères, John Baird, reprennent les arguments du gouvernement israélien.

M. Harper a qualifié l'Iran de plus grande menace à la paix mondiale, tandis que M. Baird a comparé le régime de Téhéran à l'Allemagne nazie.

Selon M. Parsi, l'administration Obama a délibérément tenté de calmer le jeu afin de trouver une solution diplomatique à l'affrontement entre l'Iran et l'Ouest sur la question du nucléaire.

Le dissident affirme que les mollahs iraniens sont également responsables d'alimenter la discorde avec une rhétorique incendiaire, mais cela ne signifie pas que le Canada devrait abandonner son rôle traditionnel de voix modérée et pragmatique sur la scène internationale.

«Porter le débat à un niveau d'hystérie ne rend pas la situation plus facile à régler», a soutenu M. Parsi à la suite d'un discours prononcé au centre des études de politiques internationales de l'Université d'Ottawa.

«Cela ne fait qu'augmenter les risques de voir la voie militaire devenir la seule option. Et je ne crois pas que ce soit au bénéfice de quiconque, incluant les Israéliens et les Canadiens.»

M. Parsi a interviewé des diplomates des États-Unis et d'Israël, notamment, pour son nouvel ouvrage «A Single Roll of the Dice», sur les efforts diplomatiques de l'administration Obama sur l'Iran.

«Les Iraniens ne contribuent d'aucune façon à faciliter les choses. Il s'agit de leur contribution aux échanges hystériques», a-t-il souligné.

«Mais de conclure qu'il y aurait une intention d'utiliser des armes nucléaires me semble davantage de l'ordre de la croyance que de la science politique», a ajouté M. Parsi.

«Et en fait, en parlant aux responsables israéliens, ils signifient clairement que leur véritable crainte n'est pas que les Iraniens en fassent usage, mais plutôt sur toutes les autres conséquences.»

Un Iran doté d'armes nucléaires serait beaucoup plus confiant et agressif et limiterait la marge de manoeuvre d'Israël, particulièrement à ce qui à trait à une intervention militaire au Liban ou dans les territoires palestiniens, a-t-il argué.

M. Parsi est le deuxième observateur international en une semaine à s'en prendre au gouvernement canadien pour la nature de ses prises de position contre l'Iran. La semaine dernière, un ancien conseiller de Bill Clinton et le responsable des politiques sur le Moyen-Orient du International Crisis Group y est allé de critiques similaires en entrevue à La Presse Canadienne.

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