Trudeau est forcé de défendre son amour pour le Canada à la Saint-Valentin

Justin Trudeau Souverainete

Première Publication: 14/02/2012 16:53 Mis à jour: 14/02/2012 18:13

OTTAWA - Qui aurait cru que Justin Trudeau doive un jour se pointer devant les micros des journalistes de la colline parlementaire pour défendre son allégeance fédéraliste?

Le jour même de la Saint-Valentin, le fils de l'ancien premier ministre à l'origine du rapatriement de la Constitution a été forcé de déclarer son amour pour le Canada dans un revirement de situation complètement inusité.

La controverse est issue d'une longue entrevue faite par le député libéral dimanche, à la radio de Radio-Canada. Interrogé par Franco Nuovo, Justin Trudeau a admis que si, un jour, il ne se reconnaît plus dans le Canada de droite de Stephen Harper, il pourrait envisager la souveraineté du Québec.

«Je dis toujours, si à un moment donné, je croyais que le Canada, c'était vraiment le Canada de Stephen Harper, puis qu'on s'en allait contre l'avortement, puis qu'on s'en allait contre le mariage gai, puis qu'on retourne en arrière de 10 000 différentes façons, peut-être que je songerais à vouloir faire du Québec un pays», a-t-il avancé.

«Absolument», a-t-il confirmé à l'animateur, avant de réajuster le tir: «mais j'y crois profondément, au Canada, puis je sais que le Québec au Canada peut remettre tout ça sur le bon chemin».

L'entrevue était passée inaperçue sur le moment, mais la blogosphère s'est fortement agitée autour de cette déclaration mardi. En Chambre, le député conservateur Merv Tweed a demandé à Justin Trudeau de clarifier sa position ou encore de se rétracter.

M. Trudeau est alors sorti devant les caméras pour réaffirmer son allégeance fédéraliste, mais aussi pour dénoncer le Canada «mesquin», «petit d'esprit» et «anti-intellectuel» mis de l'avant par le gouvernement conservateur.

«Excusez-moi, mais je ne reconnais pas ce pays. Et c'est des millions de Canadiens qui non plus ne reconnaissent pas ce pays», a lancé avec passion le député de Papineau.

Selon lui, la question qui devrait lui être posée n'est pas s'il aime ou non son pays, car ce serait «ridicule». «La question est: qu'est-ce qui arrive à notre pays? Pourquoi des millions de Québécois ne se voient-ils pas dans ce gouvernement?»

Le chef libéral Bob Rae a soutenu son député, même s'il n'était clairement pas d'accord avec ses propos.

«M. Harper est le premier ministre par intérim. Il est là aujourd'hui, il sera parti demain. On ne doit jamais confondre un homme et un pays au complet. Ce pays est bien plus grand et bien plus important que n'importe quelle personne», a fait valoir M. Rae.

Les bloquistes ont cependant profité de l'occasion pour taquiner le fils de Pierre Elliott Trudeau en l'invitant à joindre leurs rangs. «Bonne nouvelle! Nous l'acceptons les bras ouverts. (..) Il sort du placard, peut-être», a crâné la députée bloquiste Maria Mourani.

Le député de Papineau s'était retrouvé dans l'eau chaude en décembre quand il avait traité le ministre de l'Environnement Peter Kent de «tas de merde». Il s'était ainsi porté à la défense de la néo-démocrate Megan Leslie, que le ministre avait accusée de ne pas être bien informée parce qu'elle n'était pas présente à la conférence de Durban sur les changements climatiques. Or, c'est le ministre lui-même qui avait refusé d'être accompagné.

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Publié par PC  |