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Syrie: Homs sous les bombardements les plus intenses de ces derniers jours

14/02/2012 06:17 EST | Actualisé 15/04/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Les forces gouvernementales syriennes ont poursuivi, mardi, leur assaut contre la ville rebelle de Homs, dans le centre du pays, qui a subi les bombardements les plus intenses de ces derniers jours, selon des activistes.

Les troupes envoyées par le président Bachar el-Assad s'efforcent depuis plus d'une semaine de reprendre le contrôle de certaines parties de la cité tombées aux mains de ses opposants. Des centaines de personnes ont probablement été tuées depuis samedi et les conditions humanitaires se dégradent encore dans la ville d'environ un million d'habitants.

Les Comités locaux de coordination (LCC) ont dénoncé mardi le bombardement brutal de Homs rapporté par son réseau de témoins sur place. L'autre principale organisation militante, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres, a parlé des frappes les plus lourdes depuis plusieurs jours.

La répression du mouvement de contestation par le régime Assad a fait plus de 5 400 morts depuis ses débuts à la mi-mars 2011 et le pays menace de plus en plus de basculer dans la guerre civile alors que les affrontements entre l'armée et des déserteurs sont devenus presque quotidiens.

Les renseignements sont très difficiles à vérifier puisque le pays de 22 millions d'habitants est fermé aux journalistes étrangers et que les médias locaux sontt étroitement contrôlés. Le gouvernement syrien est l'un des plus autoritaires de la région.

La haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a estimé lundi que l'absence d'action du Conseil de sécurité de l'ONU, bloqué par la Russie et la Chine, avait encouragé Bachar el-Assad à déchaîner toutes ses forces contre l'opposition.

Mme Pillay a ajouté que des dizaines de milliers de Syriens, dont des enfants, avaient été arrêtés depuis près d'un an et que plus de 18 000 personnes restaient détenues de façon arbitraire tandis que des milliers d'autres étaient portées disparues. En outre, quelque 25 000 Syriens se seraient réfugiés dans les pays voisins et plus de 70 000 seraient déplacés sur le territoire national même.

Les États-Unis ont fait savoir lundi qu'ils soutenaient le plan de sortie de crise de la Ligue arabe, mais ont invoqué plusieurs obstacles à la proposition de l'organisation régionale de déployer des forces internationales de maintien de la paix en Syrie et se sont abstenus d'apporter leur pleine caution à cette idée.

Le gouvernement de Barack Obama a exclu à plusieurs reprises une solution militaire aux violences en sol syrien, mais des responsables américains ont laissé entendre qu'ils étudieraient l'idée de force d'interposition internationale de la Ligue arabe et discuteraient de sa faisabilité avec divers pays. Ils ont toutefois souligné qu'il serait difficile d'obtenir un mandat du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le principal problème réside dans l'opposition de la Russie et de la Chine, alliées de Damas, qui ont notamment utilisé leur droit de veto le 4 février contre un projet de résolution condamnant la répression en Syrie.

Moscou estime que tout envoi de troupes internationales de maintien de la paix devrait être approuvé par le gouvernement syrien, alors que des responsables de Damas ont déjà rejeté cette idée, dénonçant ce qu'ils considèrent comme une ingérence dans les affaires intérieures de leur pays.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a accusé mardi la communauté internationale d'avoir déjà mis beaucoup d'efforts pour persuader l'opposition syrienne de ne pas négocier avec les autorités. «Des éléments compromettants sont recueillis qui pourraient servir d'excuse à quelque chose de similaire à ce qui s'est passé en Libye», a-t-il ajouté lors d'un déplacement à Amsterdam, selon l'agence de presse russe ITAR-TASS.

Moscou croit que le mandat du Conseil de sécurité de l'ONU autorisant le recours à la force en Libye pour protéger la population civile a été dévoyé pour permettre le renversement du régime Kadhafi par les rebelles libyens l'an dernier.

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