NOUVELLES

Sarkozy à Photowatt: sans doute le dernier déplacement avant l'annonce de la candidature

14/02/2012 10:04 EST | Actualisé 15/04/2012 05:12 EDT

Nicolas Sarkozy a effectué mardi sans doute son dernier déplacement avant l'officialisation de sa candidature à sa réélection, visitant l'usine de fabrication de panneaux photovoltaïques Photowatt, en Isère, dont il a annoncé les contours de la reprise par EDF. Le chef de l'Etat devrait se déclarer mercredi soir dans un journal télévisé de 20h, selon des sources concordantes.

Avec une centaine de journalistes accrédités, soit le double d'un déplacement habituel, la visite de Nicolas Sarkozy s'est déroulée dans une cohue médiatique. Plusieurs sources proches de l'UMP ont annoncé la participation du chef de l'Etat à un journal de 20h mercredi soir pour officialiser sa candidature, qui ne fait plus de doutes.

Le maire de Nice Christian Estrosi, ancien ministre, a d'ailleurs invité mardi la presse et les militants locaux à suivre "l'annonce de la candidature officielle de Nicolas Sarkozy" mercredi à 20h, dans un communiqué.

L'Elysée n'a confirmé ni la présence du chef de l'Etat au journal de 20h de TF1 mercredi, ni sa participation aux meetings organisés par l'UMP à Annecy jeudi et à Marseille dimanche, annoncée par plusieurs médias.

Nicolas Sarkozy lui-même a fait allusion à cette annonce imminente et attendue pendant la visite de l'usine, où il s'est laissant prendre en photo avec des salariés de Photowatt dans leur tenue de travail: "ça ferait une photo de campagne magnifique", a-t-il fait remarquer dans un éclat de rire, avant de pointer du doigt l'un des salariés photographiés: "votez pour lui", a-t-il plaisanté.

Le discours de Nicolas Sarkozy s'est pourtant concentré sur la défense de l'emploi et de la filière photovoltaïque.

"Pour l'avenir de Photowatt, la recherche, l'innovation, c'est capital, comme pour toutes les entreprises en France", a-t-il souligné devant les salariés. Le gouvernement a demandé à EDF de "devenir propriétaire, actionnaire de votre entreprise", a-t-il expliqué. "EDF doit se développer dans le renouvelable, donc le photovoltaïque".

"Tous les emplois de Photowatt, tous seront préservés", a-t-il promis aux 430 salariés, dont 85 "seront embauchés par EDF dans le bassin d'emploi (...) de 60km autour de Bourgoin", a-t-il précisé. "Nous ne voulons pas que la filière photovoltaïque disparaisse de France", a martelé le chef de l'Etat, "et Photowatt, c'est un symbole".

Depuis début 2010, le gouvernement a décidé de baisser, à plusieurs reprises, le prix de rachat par EDF de l'électricité produite à partie de panneaux photovoltaïques, ce qui rend ces installations moins rentables qu'auparavant. En mars 2011, suite à un nouvel arrêté tarifaire, le Groupement français des professionnels du solaire photovoltaïque (SOLER), dont Photowatt fait partie, avait dénoncé "un coup de frein destructeur d'emplois" qui va "plonger de très nombreuses entreprises dans des difficultés importantes".

Les propos de M. Sarkozy ont poussé François Brottes, chargé de l'énergie dans l'équipe de campagne de François Hollande, de juger que "le candidat-président ne manque pas de culot et d'audace". Lors d'une conférence de presse, il a estimé qu'on "a là un opération de pompier pyromane (...) qui vient éteindre le feu qu'il a allumé lui-même". Et de dénoncer un arrêt "intempestif" du financement du photovoltaïque.

Reprenant elle aussi le terme de "pompier pyromane", la candidate écologiste Eva Joly accuse le président de vouloir "reprendre son rôle de Superman à l'approche des échéances électorales quand il a contribué à la casse de cette filière et ignoré les alertes lancées par Photowatt pendant tout son quinquennat". AP

sc/cov/cb/mw

PLUS:pc