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Reprise des travaux parlementaires: sous le signe de l'économie

14/02/2012 05:29 EST | Actualisé 15/04/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Le Plan Nord du gouvernement Charest est construit sur mesure pour plaire aux grandes compagnies minières, selon la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois.

C'est ce qu'elle a soutenu, d'entrée de jeu, mardi, à l'Assemblée nationale, à l'occasion de la reprise des travaux parlementaires.

Après une interruption de deux mois, les députés ont repris leurs travaux sous le signe du développement économique du Québec et de la création d'emplois.

L'opposition péquiste a lancé les hostilités en reprochant au gouvernement de ne pas chercher à maximiser les retombées du Plan Nord pour les Québécois, notamment en ne misant pas suffisamment sur la transformation sur place du minerai.

Le Plan Nord du gouvernement a été réduit à un plan de marketing, selon l'opposition officielle.

«Le plan marketing du premier ministre sur le Nord, c'est pour les minières qu'il le fait», a tranché la chef péquiste.

Elle a contesté l'approche gouvernementale, en reprochant au premier ministre de refuser «catégoriquement de se donner le pouvoir de négocier pour avoir de la transformation de nos ressources au Québec», surtout que «c'est dans la transformation que les emplois sont les plus nombreux et les plus créateurs de richesse».

Le premier ministre Jean Charest a répliqué en réaffirmant que le Plan Nord était au contraire une occasion en or pour les Québécois de s'enrichir collectivement et de construire le Québec moderne au profit des générations futures.

Il a rappelé que son gouvernement avait augmenté de 12 pour cent à 16 pour cent les redevances imposées aux minières, une hausse que l'opposition péquiste juge nettement insuffisante.

Il a ridiculisé les prétentions de l'opposition, jugeant que le PQ jouait les «Bonhommes Sept-Heures» en associant le Plan Nord aux pires calamités.

Or, ce mégaprojet constitue une «magnifique occasion, pour nous, au Québec, de s'enrichir, de travailler pour les prochaines générations, de faire pour la génération actuelle ce que nos grands-parents ont fait à la Manic et ce que nos parents ont fait à la Baie James: construire le Québec moderne», a-t-il soutenu, ne reculant jamais devant une nouvelle occasion de promouvoir son projet.

L'opposition péquiste a de plus reproché au gouvernement de rester les bras croisés devant les nombreuses fermetures d'usines et les dizaines de milliers de pertes d'emplois enregistrées au Québec en 2011.

Le député de Rousseau, Nicolas Marceau, porte-parole de l'opposition sur les questions de finances, a résumé ses inquiétudes en rappelant que l'an dernier, le Québec avait perdu 51 000 emplois, «alors que toutes les autres provinces créaient des emplois».

Quant à la croissance économique, «nous sommes arrivés huitièmes sur 10 pour la deuxième année consécutive», a-t-il déploré, notant que le taux de chômage dépassait désormais les 8 pour cent.

La présente session devrait se poursuivre jusqu'au 15 juin, à moins que le premier ministre décide d'ici là de déclencher des élections générales.

Il faut donc s'attendre à ce que les travaux des parlementaires soient teintés par cette éventualité, les députés de l'opposition étant à l'affût de tous les signes annonciateurs d'un scrutin imminent et cherchant à se positionner favorablement auprès de l'électorat.

En cette première journée de la reprise des travaux parlementaires, le ton des échanges est demeuré poli.

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