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Les marchés restent optimistes malgré la révision de la France par Moody's

14/02/2012 02:15 EST | Actualisé 15/04/2012 05:12 EDT

PARIS - La dégradation par l'agence Moody's de la note souveraine de plusieurs pays européens, dont l'Italie et l'Espagne, et de la perspective du AAA de la France, du Royaume-Uni et de l'Autriche n'ont guère eu d'impact sur les marchés financiers mardi.

Les investisseurs continuent de tabler sur le déblocage du second plan de sauvetage qui devrait éviter la faillite de la Grèce.

Moody's a revu à la baisse lundi soir son estimation la solvabilité de six pays de l'Union et révisé de stable à négative la perspective de la note maximale de la France, du Royaume-Uni et de l'Autriche, invoquant les perspectives économiques de plus en plus faibles de l'Europe et l'incertitude pesant selon elle sur le processus de réforme de la zone euro, qui compte 17 pays.

La France a déjà perdu son triple A pour un AA+ en janvier dernier chez l'agence de notation concurrente Standard & Poor's, tandis que Fitch, la troisième principale agence internationale, déclarait qu'elle pensait maintenir le AAA français en 2012.

Le ministre français de l'Économie, François Baroin, a pris acte mardi de la dégradation par Moody's de la perspective à long terme de la dette souveraine de la France «en raison des risques pesant sur la zone euro».

Il a cependant tenu à rappeler dans un communiqué «les avancées institutionnelles puissantes qu'a connues la zone euro depuis quelques mois, avec le renforcement simultané de la discipline, de la solidarité, de la gouvernance et de la croissance en zone euro».

«Le gouvernement (français) est déterminé à poursuivre son action au service de la croissance, de la compétitivité avec notamment la réforme de financement de la protection sociale, de l'emploi et de la réduction des déficits publics», assure M. Baroin.

Malgré la dégradation des estimations de Moody's, les marchés restaient optimistes mardi, comptant sur le fait que la Grèce finirait par obtenir un second prêt de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI), en dépit des réticences de plusieurs pays de la zone euro, l'Allemagne en tête.

Toutefois, la réunion des ministres des Finances de la zone euro prévue mercredi à Bruxelles, a finalement été annulée mardi. Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a précisé qu'elle serait remplacée par une conférence téléphonique.

Le Parlement grec a approuvé dimanche de nouvelles mesures d'extrême austérité passant par des coupes claires dans l'emploi public, la protection sociale et le salaire minimum, comme exigé par l'UE et le FMI pour débloquer les 130 milliards d'euros censés empêcher le défaut de paiement de la Grèce sur sa dette en mars.

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