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Le réalisateur et le producteur de «Goon:dur à cuire» en mode défensif

14/02/2012 02:42 EST | Actualisé 15/04/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Contrairement à ce que peuvent prétendre ses détracteurs, la sortie du long métrage «Goon: dur à cuire» tombe pile, estiment ses artisans, qui se désolent de voir de plus en plus de joueurs de hockey de haut calibre comme Sidney Crosby tomber au combat, victimes de violentes commotions cérébrales.

«Goon: dur à cuire», classé 13 ans et plus, est sanglant, violent et vulgaire. Une place de choix est réservée dans le film aux édentés, commotionnés et autres éclopés. Le réalisateur Michael Dowse ne s'en cache pas.

Par contre, pousser des hauts cris et s'indigner sans avoir visionné le long métrage dans son intégralité lui semble déplacé.

«Déjà, nous avons à composer avec cela. Les gens n'ont pas encore vu le film, mais ils le critiquent. Je pense qu'il faut le voir et constater ce que nous tentons de faire», indique M. Dowse.

La semaine dernière, l'ancien joueur Enrico Ciccone — qui a lui-même jeté les gants plus souvent qu'à son tour pendant sa carrière de hockeyeur — et le chroniqueur sportif Réjean Tremblay se sont insurgés contre l'intrigue du film.

Cité dans un article paru jeudi dernier dans le Journal de Montréal, M. Ciccone a déclaré qu'il s'agissait d'«une insulte au hockey et aux joueurs de hockey», et que ce genre de film «n’est plus drôle aujourd’hui, avec tout ce qui se passe dans la ligue».

Le ton et le contenu de l'article avait fait réagir l'une des vedettes du long métrage, l'acteur Marc-André Grondin, qui avait dénoncé sur Twitter le fait que le jugement des experts interrogés dans le cadre de cet article était uniquement basé sur les images de la bande-annonce. Le message qu'il avait publié sur le microblogue a été effacé depuis.

L'histoire de «Goon: dur à cuire» tourne autour de Xavier Laflamme (Marc-André Grondin), un joueur talentueux dont la carrière a été compromise après qu'il eut subi une commotion cérébrale, et d'un ancien portier simple d'esprit (Seann William Scott) qui est engagé comme «goon» (un fier-à-bras) afin de le protéger.

Même s'il se défend de vouloir jouer les moralisateurs, Michael Dowse soutient que le film est néanmoins porteur d'un message à caractère social.

«En fait, je trouve que nous faisons la lumière sur ce problème et montrer aux gens ce que les 'goons' vivent et ce à quoi ressemble leur vie. Et je pense que même si c'est une comédie, nous réussissons assez bien à cerner ce qui se passe actuellement dans le monde du hockey», fait valoir le cinéaste originaire de Calgary, qui est maintenant installé à Montréal.

Et il ne faut surtout pas oublier, précise le producteur André Rouleau, que «Goon: dur à cuire» est un produit de divertissement.

«Nous, on fait une fiction, c'est une comédie, et définitivement, on n'encourage pas la violence. Dans les publicités sur le hockey à la télévision, on voit de vrais joueurs de hockey se faire assommer et on montre ça pour vendre le sport. Après, on se fait dire que notre film n'est pas bon pour l'image du hockey», expose-t-il.

Le film verse dans l'ironie et dans l'autodérision, ingrédients auxquels ont recours les humoristes et les auteurs comiques depuis des lustres, selon M. Rouleau, qui n'hésite pas à comparer son combat à celui d'un légendaire monologuiste québécois.

«Nous, c'est exactement comme Yvon Deschamps quand, dans les années 1970, il faisait des blagues sur les femmes, les unions, les Noirs ou sur les vieux. Il y avait des gens, à l'époque, qui prenaient ça au premier degré. Nous, c'est la même chose.»

Le film «Goon: dur à cuire» prendra l'affiche le 24 février sur les écrans nord-américains. Au Québec, une version doublée par des acteurs d'ici, dont Patrice Robitaille, Yvan Ponton et Raymond Bouchard, sera proposée aux cinéphiles en plus de la version originale anglaise.

André Rouleau n'est pas de ces producteurs qui préfèrent passer sous silence leurs objectifs en ce qui a trait aux bénéfices: il dit espérer que son film génère des recettes de 10 millions $ au box-office à travers le Canada.

«Au Canada anglais, ces films ont été abâtardis, ils sont horribles. On en était rendus à faire des comédies musicales sur le sujet», rigole Michael Dowse en faisant référence au film «Score», présenté en ouverture du Festival international du film de Toronto en 2010. «Il était temps que l'on fasse un bon film sur le hockey», lance-t-il.

«Goon: dur à cuire», un film doté d'un budget de 12 millions $, a été présenté au festival torontois en septembre dernier. Depuis, il a été vendu dans une quinzaine de pays, dont la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Dans ce pays, le long métrage a déjà amassé quelque 3 millions $ aux guichets depuis qu'il a pris l'affiche il y a trois semaines.

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