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Hollande ne fermera qu'une centrale au cours de son quinquennat

14/02/2012 10:58 EST | Actualisé 15/04/2012 05:12 EDT

PARIS - S'il est élu à l'Elysée, François Hollande ne fermera au cours de son quinquennat qu'une centrale nucléaire, celle de Fessenheim (Haut-Rhin), a insisté mardi son équipe de campagne, reprochant au président Nicolas Sarkozy de caricaturer le projet du candidat socialiste.

"On ne fermera que Fessenheim", a déclaré François Brottes, chargé de l'énergie dans l'équipe de campagne de François Hollande. Il a expliqué que la doyenne du parc nucléaire français cumulait les vulnérabilités, en raison de son âge mais aussi du facteur sismique et des risques de pollution des nappes phréatiques.

Le 9 février dernier, le chef de l'Etat s'est rendu à Fessenheim, où il a fustigé les propositions socialistes. "Vouloir fermer Fessenheim, c'est un scandale parce que c'est sacrifier l'emploi qui est le vôtre à des arrière-pensées politiciennes", a-t-il lancé aux ouvriers présents. Environ 700 salariés d'EDF et 200 sous-traitants travaillent sur le site. M. Brottes a assuré mardi que la fermeture de Fessenheim n'aurait "pas de conséquences sociales" pour les agents EDF.

Nicolas Sarkozy visait l'accord électoral conclu à la mi-novembre entre le PS et Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Les deux partis y promettent d'engager "un plan d'évolution" du parc nucléaire prévoyant "la fermeture progressive de 24 réacteurs", sur les 58 que compte la France.

Seulement deux réacteurs, ceux de Fessenheim, seront arrêtés d'ici 2017, a affirmé Bernard Cazeneuve, l'un des porte-parole de François Hollande, lors d'une conférence de presse conjointe avec François Brottes au siège de campagne du candidat socialiste.

M. Cazeneuve a critiqué le bilan de Nicolas Sarkozy en matière nucléaire, évoquant notamment le récent plan de suppression de 2.000 postes chez Areva. "Les socialistes n'ont supprimé aucun emploi dans la filière électro-nucléaire", a-t-il rappelé. Le porte-parole de François Hollande a en outre reproché à la droite d'avoir vendu la filiale transmission et distribution d'Areva, qui était "la machine à cash flow" du géant nucléaire. Enfin, Nicolas Sarkozy s'est opposé à une recapitalisation d'Areva, que réclamait son ancienne dirigeante Anne Lauvergeon pour développer des activités nouvelles, a déploré M. Cazeneuve.

Dans ses "60 engagements pour la France", François Hollande propose de réduire de 75% actuellement à 50% à l'horizon 2025 la part du nucléaire dans la production d'électricité hexagonale. Il promet de développer les énergies renouvelables et de favoriser les économies d'énergie, notamment grâce à l'isolation thermique d'un million de logements par an. Il s'engage à fermer la centrale de Fessenheim, mais prévient qu'il poursuivra la construction du réacteur de troisième génération EPR à Flamanville (Manche). AP

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