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Hollande: justice, effort et dignité

14/02/2012 03:34 EST | Actualisé 14/04/2012 05:12 EDT

PARIS - Justice, effort et dignité. Ce sont les trois valeurs qu'a défendues mardi le candidat socialiste à l'Elysée François Hollande face au triptyque travail-responsabilité-autorité du président Nicolas Sarkozy, dont la déclaration de candidature à un second mandat paraît imminente.

Donné favori par les sondages à deux mois et une semaine du premier tour de l'élection présidentielle, le député de Corrèze a estimé que le chef de l'Etat, qui pourrait officialiser sa candidature mercredi soir, avait bousculé son calendrier par manque de confiance dans son bilan. "S'il était finalement sûr de son fait, d'abord il ne se précipiterait pas à être candidat dès à présent. Il avait dit que ce serait plus tard", a argumenté François Hollande mardi matin de RMC et BFM TV.

"Et deuxièmement, s'il était sûr de son fait, il défendrait son bilan", a poursuivi le candidat socialiste. "S'il était flatteur, aurait-il besoin de se lancer tête perdue dans une somme d'annonces dont on ne sait pas d'ailleurs si elles sont véridiques ou si elles sont simplement des ballons d'essai?"

Il faisait allusion à l'entretien de Nicolas Sarkozy publiée ce week-end dans "Le Figaro Magazine". Le chef de l'Etat y propose notamment un référendum sur l'indemnisation des chômeurs, qui serait soumise à une obligation de formation. Il n'écarte pas une autre consultation sur la justice en matière d'immigration.

François Hollande a vu dans ces propositions référendaires "un objectif de division". Il s'est déclaré opposé à ce "que l'on aille consulter le peuple dans n'importe quelle condition" sur des sujets "qui relèvent du Parlement, qui relèvent de débats qui doivent être maîtrisés".

Il a cité la peine de mort, abolie par François Mitterrand en 1981 alors qu'une majorité de Français restaient favorables à cette sanction. D'après le candidat socialiste, la tradition de la Ve République est de consulter directement les Français uniquement dans deux cas de figure: pour un changement majeur dans la Constitution ou pour un transfert important de souveraineté.

François Hollande a en outre reproché à Nicolas Sarkozy de n'avoir respecté aucune valeur du triptyque dont il se réclame.

Le travail? Le chômage touche quatre millions de personnes, et notamment les jeunes, a comptabilisé le candidat socialiste. "La rente, la spéculation, la finance ont été (...) protégées" au cours du quinquennat écoulé et "la fiscalité du travail est plus lourde que la fiscalité du capital", a-t-il déploré, en critiquant en outre la défiscalisation des heures supplémentaires.

La responsabilité? "Celui qui a pris des engagements et ne les a pas respectés, il doit venir devant le pays s'en expliquer", a exhorté l'ex-Premier secrétaire du PS.

Enfin, "l'autorité, c'est être capable de soi-même être respecté. Est-ce que vous pensez que, aujourd'hui, le candidat sortant est respecté?" a lancé François Hollande.

Interrogé sur les trois valeurs qu'il défendrait, lui, au cours de sa campagne, il a répondu: justice, effort et dignité.

Il a confirmé qu'en cas d'accession au pouvoir la gauche reviendrait sur la TVA dite "sociale". "C'est un impôt injuste" qui "va déprimer la consommation" sans avoir "aucun effet ou presque sur l'industrie", a-t-il fustigé, en estimant que même les élus UMP avaient des doutes sur cette mesure. Les députés de droite se sont retrouvés en minorité lors de l'examen du texte en Commission des Finances. "Ils n'ont pas l'air d'être enthousiastes, s'ils étaient tout à fait confiants dans la mesure, tout à fait convaincus, ils seraient venus en masse voter et en commission et bientôt à l'Assemblée", a-t-il analysé.

François Hollande n'a pas précisé s'il suivrait l'interview de Nicolas Sarkozy prévue au journal télévisé de 20h mercredi. Il a rappelé qu'il se trouverait ce jour-là à partir de 18h30 en meeting à Rouen (Seine-Maritime), sa ville natale.

"Je ne me suis pas déterminé par rapport à Nicolas Sarkozy", a insisté l'ex-Premier secrétaire du PS. "Une déclaration de candidature, ce n'est pas rien, surtout pour un président sortant. Mais enfin, ce n'est pas une surprise", a-t-il commenté. "Mon seul objectif, ce sont les Français." AP

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