POLITIQUE

Grève tournante dans plusieurs CPE mercredi

14/02/2012 12:23 EST | Actualisé 15/04/2012 05:12 EDT
SRC

MONTRÉAL - Les centres de la petite enfance (CPE) affiliés à la CSN seront en grève rotative mercredi et jeudi.

La CSN a soutenu mardi soir que les discussions avancent «à pas de tortue».

Une rencontre entre les représentants syndicaux et ceux du ministère de la Famille mardi après-midi et en soirée n'a pas été concluante.

Surtout, la CSN déplore l'absence des employeurs à la table.

Selon le syndicat, les employeurs ont quitté la négociation lundi soir vers 23h, laissant seuls les représentants syndicaux et ceux du ministère.

«Nous avons exploré avec le bailleur de fonds, qui est le ministère, mais sans les associations patronales. Celles-ci pourraient revenir à la table demain et dire qu'elles ne sont pas d'accord avec les points 1, 2 et 4, et là on recommencerait le tout», a illustré Jeff Begley, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN.

M. Begley a dit savoir que la ministre Yolande James avait convoqué les associations patronales mercredi après-midi.

«Il y a deux négociations, c'est du jamais vu pour moi», a-t-il fait valoir.

En fin d'après-midi, mardi, les représentants des associations patronales régionales ont tenu à réagir par voie de communiqué en indiquant qu'ils étaient toujours disponibles pour négocier et qu'ils souhaitaient un dénouement avec les éducatrices des CPE.

Ce mercredi, les employés des CPE doivent débrayer pendant une journée en Montérégie, en Estrie, en Outaouais, dans les Laurentides, dans Lanaudière, en Abitibi, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, sur la Côte-Nord, dans le Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie, aux Îles-de-la-Madeleine et au Coeur-du-Québec (Nicolet, Drummondville, etc.).

Jeudi, ce sera au tour des CPE de Montréal et de Laval ainsi que de la région de Québec-Chaudière-Appalaches d'être touchés par une grève d'une journée.

Et si les négociations ne débloquaient pas, une grève nationale des 8500 travailleuses affiliées à la CSN est prévue pour lundi et mardi prochains.

«Nous ne souhaitons pas l'utiliser. Je comprends que tout le monde est frustré, nous aussi avec la façon que les choses se font. Il faut assurément un peu de sérieux pour éviter la grève de lundi», a dit M. Begley.

Le porte-parole de la CSN a affirmé que le syndicat est «toujours disponible pour faire avancer le dossier» et espère revenir à la table.

Par voie de communiqué, M. Begley avait indiqué que les employeurs semblent vouloir forcer les syndiqués à recourir à la grève.

L'enjeu reste la question du nombre de semaines de vacances. La position du gouvernement consiste à ajuster l'offre faite aux éducatrices à ce qui est offert aux employés du secteur public, à savoir un maximum de cinq semaines par année après 25 ans de service.

Tout en disant ne pas vouloir «négocier sur la place publique», le porte-parole a aussi évoqué des coûts des assurances «qui seraient transférés aux employés» avec une multiplication par deux des primes, et la remise en question de la participation des travailleuses aux conseils d'administration des CPE, «une tradition de 30 ans que le syndicat veut maintenir».