10 000 étudiants seraient en grève contre la hausse des droits de scolarité

Greveetudiante

Première Publication: 14/02/2012 11:45 Mis à jour: 14/02/2012 16:43

MONTRÉAL - Près de 11 000 étudiants seraient en grève à compter de ce mardi dans certaines facultés de l'Université du Québec à Montréal et de l'Université Laval, affirme l'Association pour une solidarité syndicale étudiante.

La Coalition large de l'ASSÉ, la plus militante des associations étudiantes, affirme que le mouvement de grève contre la hausse des droits de scolarité ne fait que commencer et pourrait même avoir doublé, sinon triplé, au début de la semaine prochaine.

«Il s'agit de la première vague de déclenchement d'une grève générale qui va paralyser le système d'éducation dans les semaines à venir. Nous lançons un dernier avertissement à la ministre (de l'Éducation, Line) Beauchamp. Il est tout à l'avantage du gouvernement de reculer sur cette hausse, car nous, nous ne reculerons pas», s'est exclamée Jeanne Reynolds, coporte-parole de la CLASSÉ, au cours d'une rencontre avec la presse, mardi à Montréal.

D'autres associations étudiantes réunissaient leurs membres durant la journée de mardi pour se prononcer sur l'éventualité de se doter d'un mandat de grève, voire de l'exercer.

Parmi elles, l'Association des étudiants en langue et communications de l'UQAM, qui réunissait ses membres à 12h30, mais qui a dû retarder le début de l'assemblée jusqu'à 13h40 tant il y avait des étudiants désireux d'y participer. La salle étant bondée, on a dû installer un système pour que les dizaines d'étudiants qui ne pouvaient plus entrer puissent tout de même entendre les délibérations dans le hall et y participer.

En plus des universités mentionnées, des cégeps devraient monter dans le train de la grève, ont mentionné les porte-parole de l'ASSÉ, au cours d'une rencontre avec la presse à Montréal.

De son côté, la ministre Beauchamp a mis les étudiants grévistes en garde, leur rappelant que ce sont eux-mêmes qu'ils pénaliseront en choisissant d'exercer leur mandat de grève. «J'invite les étudiants à réfléchir sur l'exercice du vote de grève. La vraie perturbation, elle va être dans leur vie personnelle», a-t-elle commenté à Québec.

«À la fin, il va falloir reprendre les jours de cours autrement: de soir, de week-end ou l'été», a prévenu la ministre de l'Éducation.

Elle a tenu à mettre en perspective les chiffres avancés par l'ASSÉ: ces 11 000 étudiants en grève doivent être comparés au total de 475 000 étudiants au cégep et à l'université.

Gabriel Nadeau-Dubois, l'autre coporte-parole de l'ASSÉ, a ajouté que le mouvement de protestation prendrait d'autres formes également, notamment un «blocage», jeudi, du Centre de commerce mondial à Montréal, où se trouvent les bureaux du ministère des Finances, en compagnie d'une coalition d'organismes divers qui protestent contre la tarification des services publics.

Le jeudi suivant, 23 février, une manifestation est prévue à Montréal, de même qu'une autre manifestation d'envergure, censée réunir «des milliers d'étudiants» à Québec, le 1er mars.

La hausse des droits de scolarité annoncée dans le budget Bachand 2011-2012 est de 325 $ par année pendant cinq ans, à compter de l'année scolaire 2012-2013, soit 1625 $ au total. La hausse vaut pour une année d'études de 30 crédits. Les droits de scolarité passeront ainsi de 2168 $ en 2011-2012 à 3793 $ en 2016-2017.

De leur côté, les principales associations étudiantes, à savoir la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), n'en sont pas encore rendues là.

En entrevue, la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, a expliqué que la fédération avait choisi une autre voie jusqu'ici pour protester à sa façon contre les hausses des droits de scolarité. «On a multiplié les actions depuis le début février. On est allé devant les bureaux de monsieur Charest; on a visité les ministres libéraux lors des conférences de presse. Vendredi, on va visiter la ministre Beauchamp à la Chambre de commerce de Montréal; on est aussi allé au caucus libéral à Victoriaville, la semaine dernière», rapportait la dirigeante étudiante.

À la FEUQ, les assemblées représentant 3000 étudiants disposent d'un mandat de grève, mais «la grève n'est toujours pas déclenchée», a précisé Mme Desjardins.

Même les étudiants de l'ÉNAP (École nationale d'administration publique), qui a une tradition plus conservatrice, ont voté en faveur d'une journée de grève, le 22 mars. «C'est assez historique dans leur cas», a opiné Mme Desjardins.

D'autres associations affiliées à la FEUQ consulteront leurs membres sur la question entre la fin de février et le début du mois de mars, entre autres à Chicoutimi, Rimouski et Sherbrooke.

«Ce qu'on souhaite, c'est que nos associations membres consultent les étudiants sur les mandats de grève. Pour nous, l'idée, c'est d'augmenter la pression. Cela étant dit, c'est aux étudiants de décider s'ils veulent aller ou non en grève. Nous, on est en faveur éventuellement d'une grève, mais ce n'est pas à la FEUQ de dire aux étudiants quoi faire; ils sont capables de prendre ces décisions-là en assemblée générale», a commenté Mme Desjardins.

La ministre Beauchamp a rappelé que pour atténuer les répercussions négatives de ces hausses, une somme de 118 millions $ avait été injectée dans le programme des prêts et bourses, afin d'aider les plus démunis.

La FEUQ représente 125 000 membres dans les universités québécoises et la coalition de l'ASSÉ 70 000 dans les cégeps et les universités.

Avec les hausses annoncées, la contribution des étudiants à leurs études universitaires sera portée de 12,7 pour cent des revenus globaux des universités en 2008-2009 à 16,9 pour cent en 2016-2017, a précisé le ministère des Finances.

Ultimement, pour l'année scolaire 2016-2017, 51,4 pour cent des revenus globaux des universités proviendront du gouvernement du Québec, 16,9 pour cent des étudiants, 16,3 pour cent d'autres sources, 12 pour cent du gouvernement du Canada et 3,4 pour cent des dons et legs.

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Publié par Jean-Philippe Cipriani  | 
 
 
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21:42 sur 14/02/2012
vendez auto, mac, ipad, iphone et vous aurez les 300$
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
PG13
18:04 sur 14/02/2012
une hausse de $300 par ans, hey ça ne se compare pas avec les hausse de taxes municipaux ou des frais du permis de conduire.

depensez moin d'argent avec les party, bieres, tabac et tu trouveras ton $300 par année dans ta poche
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Godefroi
Honni soit qui mal y pense
14:47 sur 14/02/2012
Pas toujours facile aujourd'hui d'être étudiant, si vous êtes des enfants de parents des classes pauvre et moyenne:

prestations sociales minimum, salaires qui ne suivent pas la hauuse vertigineuse du prix des maisons et condos, toujours attirées par une consommation débridée, souvent trop endetttées, manipulées et gouvernées par des politiciens pères noëls sans envergure à la solde des puissants, beaucoup de divorces,
individualisme à la hausse...

Si on augmente les frais de scolarité, ces citoyens et leurs enfants étudiants en auront-ils pour leur argent ?/!* Efficacité immédiate peut-être, mais l'efficience sera-t-elle enfin là ? -. Encore beaucoup, beaucoup de travail -.

Il n'y aura pas de miracle. Confiance, persévérance, et malgré tout, foncez pour la suite du monde. Plusieurs vous appuient.
14:33 sur 14/02/2012
Le droit d'inscription à l'université est-il un droit?
La dernière trouvaille des partisans de l'augmentation des droits d'inscription dans les universités en France consiste à tenter de justifier cette augmentation par la volonté de responsabilisation des étudiants.... Je trouve qu'il y a plusieurs aspects gênants dans cette façon de raisonner :
Le premier est de donner, encore une fois, un rôle prépondérant, à l'argent pourtant déjà trop puissant dans nos société...
Le second aspect qui me dérange est que, souvent, lorsqu'on adopte des droits élevés, les étudiants ont alors tendance à devenir des clients de l'université. Ceux-ci, ayant payé chèrement leur droit d'entrée à l'université, s'estiment souvent en droit de recevoir leur diplôme... Cette façon de faire vient, en outre, modifier aussi le comportement de l'université elle-même qui tend a délivrer plus facilement ses diplômes afin d'avoir plus de « clients », ses ressources étant dépendantes de cette source de financement.
Le troisième point qui me paraît important est que, si le droit d'inscription à l'université est un véritable droit, au sens étymologique du latin « directum » (ce qui est juste), alors il doit permettre une inscription facile des étudiants aux études supérieures et non leur barrer la route à ce type d'études...
Pour conclure, je pense qu'il faut maintenir les droits d'inscription à un bas niveau et, dans le même temps, responsabiliser les étudiants en pratiquant une sélection à l'entrée des formations.
Voir : diversion-baba.blogspot.com