NOUVELLES

Grèce: Les bailleurs de fonds rédigent un mémorandum sur les mesures d'austérité

14/02/2012 01:19 EST | Actualisé 15/04/2012 05:12 EDT

BERLIN - Les bailleurs de fonds internationaux de la Grèce ont détaillé dans un mémorandum les économies et réformes qu'Athènes doit réaliser pour obtenir un second plan d'aide de 130 milliards d'euros, selon le document préliminaire auquel l'Associated Press a eu accès mardi.

Ces mesures s'inscrivent dans le nouveau programme d'austérité voté au Parlement grec dimanche. Les créanciers d'Athènes, soit l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international (FMI), exigent que la Grèce mette en oeuvre ces changements avant de recevoir le second prêt dont le pays a besoin pour éviter un défaut de paiement fin mars.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a déclaré qu'il comprenait les souffrances et les troubles de la Grèce, mais que c'était le cadre qui avait été décidé par les pays de la zone euro, la Banque et le FMI. Il a ajouté qu'il était vraiment dans l'intérêt de tous les Grecs et Européens de faire en sorte que cela fonctionne et d'éviter à Athènes de se retrouver en défaut, situation qui aurait des conséquences dévastatrices.

La Grèce doit réaliser pour 2,6 milliards d'euros d'économies avant d'avoir toute nouvelle aide internationale. Le mémorandum évoque notamment des réductions de dépenses d'un milliard d'euros dans le secteur de la santé et de 300 millions d'euros pour la défense, tandis qu'une baisse des dépenses du gouvernement et des frais liés aux élections devrait permettre d'épargner 270 millions.

Le document précise que Athène doit aussi réduire de 400 millions d'euros le budget alloué aux investissements publics. En outre, la Grèce doit trouver pour 325 millions d'euros d'économies supplémentaires pour respecter ses objectifs de désendettement.

Le mémorandum de 49 pages, obtenu par l'Associated Press auprès d'un responsable à Berlin, dresse également la liste des nombreuses mesures qui devront être appliquées par Athènes après le déblocage de sa prochaine tranche de prêts, notamment des réformes structurelles censées renforcer la compétitivité du pays.

Selon le document, l'État grec doit vendre les parts qu'il détient dans des entreprises publiques à l'exception des infrastructures de réseau essentielles. La Grèce s'est engagée à instaurer un plan de privatisation de 50 milliards d'euros, mais a peu avancé dans le dossier.

Les ministres des Finances des 17 pays de l'Union européenne devaient signer le mémorandum durant une réunion prévue mercredi à Bruxelles, mais la rencontre a finalement été annulée mardi, Athènes n'ayant pas rempli toutes les exigences de ses partenaires, selon le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker.

L'Eurogroupe n'a pas encore reçu d'information du gouvernement grec sur la manière dont il compte trouver les 325 millions d'économies additionnelles, a expliqué M. Juncker. Le premier ministre luxembourgeois a également précisé ne pas avoir reçu l'assurance des dirigeants de la Nouvelle Démocratie (droite) et du PASOK (centre gauche), les deux principaux partis grecs, qu'ils mettraient en place le programme après les élections générales prévues en avril.

M. Juncker a indiqué que les ministres des Finances s'entretiendraient au cours d'une simple téléconférence mercredi.

Par ailleurs, l'économie grecque est restée engluée dans une profonde récession au quatrième trimestre 2011, avec une contraction de son produit intérieur brut de 7 pour cent en rythme annuel, selon un chiffre non corrigé des variations saisonnières annoncé par l'Autorité des statistiques grecques.

PLUS:pc