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La Caisse de dépôt investit trop dans les sables bitumineux, selon l'IRÉC

14/02/2012 01:31 EST | Actualisé 15/04/2012 05:12 EDT
AFP/Getty File

MONTRÉAL - Les investissements de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans des sociétés actives dans le secteur des sables bitumineux sont deux fois plus importants que ceux faits dans des entreprises québécoises cotées en Bourse, dénonce l'Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC).

Dans un rapport intitulé «Se sortir la tête du sable», publié mardi, l'IRÉC soutient que les placements directs de la Caisse dans des compagnies actives dans les sables bitumineux de l'Ouest canadien totalisaient 5,4 milliards $ en août dernier.

Trois entreprises de ce secteur figurent parmi les dix plus importants investissements de la Caisse en Bourse: Enbridge (TSX:ENB), Suncor (TSX:SU) et Canadian Natural Resources (TSX:CNQ).

Les investissements de la Caisse dans des entreprises québécoises cotées en Bourse s'élevaient pour leur part à 2,7 milliards $ au 31 décembre 2010, date des données les plus récentes. Toutefois, en ajoutant les placements de l'institution dans des obligations d'Hydro-Québec (4,4 milliards $) et dans des entreprises québécoises non cotées (4,2 milliards $), on atteint la somme de 11,3 milliards $.

Selon l'IRÉC, les investissements de la Caisse dans le secteur des sables bitumineux vont «directement à l'encontre des orientations politiques en matière de lutte aux changements climatiques» adoptées par le gouvernement du Québec. À ses yeux, l'institution devrait se «mettre au service» de la «reconversion écologique de la base industrielle et énergétique» du Québec.

«Ça manque de sérieux», a commenté Maxime Chagnon, porte-parole de la Caisse, au cours d'un entretien téléphonique.

«On assume pleinement nos investissements dans l'énergie, y compris dans le secteur pétrolier, a-t-il ajouté. Ce sont des investissements qui nous permettent de générer de bons rendements pour nos déposants. (...) Et on ne peut pas faire fi de l'importance de l'industrie pétrolière au Canada.»

Quelque 24 pour cent du portefeuille d'actions canadiennes cotées en Bourse de la Caisse est concentré dans le secteur énergétique. Il faut toutefois dire qu'à la Bourse de Toronto, cette industrie a un poids total d'environ 27 pour cent.

M. Chagnon a souligné que la vaste majorité des entreprises énergétiques canadiennes ne sont pas actives que dans les sables bitumineux et que leur bilan environnemental s'était amélioré au cours des dernières années.

«On préfère exercer notre influence comme actionnaire en étant à la table de ces sociétés-là pour encourager les meilleures pratiques plutôt que d'en être absent», a-t-il affirmé.

Le porte-parole a aussi noté que la présence de la Caisse dans ce secteur ne l'empêchait pas d'investir dans des entreprises québécoises, y compris dans le secteur des énergies propres. L'automne dernier, par exemple, l'institution a investi 25 millions $ dans des titres de dette visant à financer les parcs éoliens de la Seigneurie de Beaupré.

L'IREC est un organisme à but non lucratif fondé en 1999 par l'ancien premier ministre Jacques Parizeau et soutenu par plusieurs syndicats.