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Avec Sarkozy, les Français devront choisir entre "même régime" ou "changement profond", selon Bayrou

14/02/2012 04:17 EST | Actualisé 14/04/2012 05:12 EDT

PARIS - François Bayrou a estimé mardi matin que la déclaration de candidature imminente de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle permettrait aux Français de choisir entre le maintien du "même régime" ou le choix d'un "changement profond", qui ne pourra, à ses yeux, être que celui que lui-même propose ou celui du candidat socialiste François Hollande.

"Cela pose la question aux Français de savoir s'ils veulent continuer avec le même régime et sur la même ligne. Je suis persuadé que les Français ont envie d'un changement profond", a analysé le candidat centriste sur Europe-1. "Après, il faut qu'ils choisissent ce changement entre celui que François Hollande propose et celui que je propose moi-même".

Interrogé sur les propositions avancées par le futur président-candidat dans son interview au "Figaro Magazine", le président du MoDem y a vu un coup de "barre à droite" et des motifs de préoccupation, notamment sur le recours au référendum sur la question des droits des chômeurs.

"Ce qu'il a choisi comme ligne est, à mon sens, inquiétant pour la France parce que ça divise et oppose les Français entre eux", a souligné M. Bayrou. Cette proposition, qu'il considère comme la "mesure saillante" de l'interview présidentielle, "ça veut dire qu'on cible les chômeurs en quoi que ce soit comme responsables de la situation du pays".

"Eh bien, je vous dis qu'il faut que ces gens n'aient jamais rencontré un chômeur et l'angoisse de sa famille et la sienne pour ainsi cibler des gens", s'est-il emporté. Selon lui, "ce ne sont pas les chômeurs qui sont responsables, ce sont ceux qui ont laissé monter le chômage dans notre pays en laissant partir l'activité qui était en France ailleurs".

Toutefois, s'il était élu, François Bayrou ne renoncerait "pas du tout" à consulter les Français par voie référendaire. "Il y a des sujets qui sont des sujets de référendum, même des sujets graves", a-t-il dit. "J'avais autrefois proposé que la réforme des retraites fût soumise à référendum et je pense qu'il n'est pas inimaginable que, le jour où on a un blocage sur les finances publiques, ce soit le peuple qui tranche".

"Mais si vous parlez de personnes, de gens qui sont sur le même palier que le vôtre et que vous dressez les passions contre ces gens-là, vous rendez un mauvais service au pays", a-t-il renchéri. "Il y a peut-être des abus parmi les chômeurs: 1%, 2%. Il y en a moins que dans le monde de la finance, moins que dans le monde des dirigeants politiques, qui abusent de l'argent public comme ça se trouve plus souvent qu'on ne le croit".

Enfin, s'agissant du ralliement de Christine Boutin, présidente du Parti chrétien démocrate, à Nicolas Sarkozy et du renoncement annoncé de Hervé Morin, président du Nouveau Centre, François Bayrou a eu ce constat: "les conduites de soumission sont au bout d'un moment absolument inaudibles".

Quant à Dominique de Villepin, dont la campagne ne décolle pas non plus, il "ne représente pas un grand courant profond dans le pays", a relevé le patron du MoDem, qui se considère comme le seul candidat centriste crédible. "On ne peut pas se dire centre et être en soumission à la majorité actuelle", a-t-il martelé. "Centre, ça veut dire indépendant". AP

tl/ir

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