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Sécurité: Sarkozy martèle son bilan et critique l'augmentation d'effectifs proposée par Hollande

13/02/2012 07:42 EST | Actualisé 14/04/2012 05:12 EDT

Le président Nicolas Sarkozy -dont l'officialisation de la candidature à un nouveau mandat est attendue cette semaine- a martelé lundi son bilan en matière de sécurité, chiffres à l'appui, à l'occasion de l'inauguration de la Direction générale de la gendarmerie nationale à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Il a aussi critiqué la proposition de François Hollande d'augmenter les effectifs, notamment dans la police et la gendarmerie.

Pas un mot en revanche de la date de sa candidature, attendue dans les jours qui viennent. A des journalistes qui lui posaient la question, le chef de l'Etat a répondu en plaisantant: "Si je vous le dis, vous ne viendrez pas demain".

M. Sarkozy doit se rendre en Isère mardi pour visiter l'entreprise Photowatt, fabriquant des panneaux photovoltaïques. Selon certains médias, il pourrait en profiter pour annoncer sa candidature, comme l'avait fait Jacques Chirac à Avignon le 11 février 2002. L'Elysée ne confirme toutefois aucune date.

Lundi matin, le chef de l'Etat s'est exprimé devant un parterre de gendarmes sur l'un de ses thèmes favoris: la sécurité. "S'agissant de vos effectifs, je ne reviendrai pas sur les contraintes budgétaires. Je préfère que les choses soient claires entre nous: la règle du 'un sur deux', elle est systématique et je ne la remettrai pas en cause", a-t-il répété. "La France doit réduire ses dépenses publiques".

"Je voudrais qu'on arrive à désintoxiquer la France de la dépense et qu'on arrive à réfléchir: quelle est la priorité aujourd'hui pour vous, forces de sécurité? C'est d'être bien équipé et de renforcer les moyens de la police scientifique, c'est d'augmenter les performances du taux d'élucidation, c'est que votre équipement qui a complètement changé soit toujours mené aux normes maximum de la sécurité et de l'efficacité", a-t-il expliqué.

"On ne peut pas dans tous les domaines n'avoir à la bouche qu'un seul principe -plus de dépenses, plus d'effectifs, plus d'impôts- ce qui à la fin fera moins d'emplois, moins de croissance et plus de problèmes à régler", a-t-il lancé, visant à l'évidence la proposition de François Hollande. Le candidat socialiste, donné favori pour l'Elysée, prévoit 1.000 postes supplémentaires par an pour la justice, la police et la gendarmerie, soit 5.000 sur l'ensemble du quinquennat.

Nicolas Sarkozy s'est attelé à défendre son bilan depuis 2002, époque où il est devenu ministre de l'Intérieur.

"En dix ans, grâce à votre travail, policiers et gendarmes, le nombre de personnes mises en cause a progressé de 30%. Le taux d'élucidation, en 2002 il était de 26% (...) En 2011, il est de 40%, dans le même pays, avec les mêmes effectifs. Il y a quand même des choses qui ont dû changer", a-t-il ironisé. "C'est incontestable, c'est le même outil statistique, grâce aux réformes que nous avons engagées".

"Quant aux auteurs de crimes sexuels, le taux d'élucidation grâce aux progrès de notre activité de police scientifique et technique, il est de 50%: on retrouve un criminel sur deux", a-t-il affirmé.

"Souvenez-vous quand nous avons créé le Fichier national d'analyse des empreintes génétiques. Mon dieu la polémique suscitée! Souvenez-vous: j'avais été accusé de vouloir faire un Etat policier (...) Demandez aujourd'hui aux victimes dont on a arrêté les coupables grâce au fichier ce qu'elles pensent de cette polémique", s'est-il emporté. "Cela valait-il tant de salive dépensée, tant de polémiques inutiles, tant de cris offusqués?".

Et reprendre la posture de chef d'Etat: "A un moment donné, quand on dirige un pays comme la France, il faut fixer une direction, fixer une ligne et s'y tenir parce qu'on la croit juste. Savoir dire non, savoir résister, à tous ceux qui pensent que gouverner c'est pas choisir, ou que gouverner c'est dire oui".

François Hollande avait consacré un déplacement au thème de la sécurité à Dijon le 6 février. Outre des augmentations d'effectifs, le candidat du PS promet de doubler le nombre de centres éducatifs fermés pour les mineurs condamnés par la justice, pour atteindre les 80 d'ici 2017. Il souhaite aussi supprimer les peines planchers, l'une des mesures phares de Nicolas Sarkozy. Enfin, il veut supprimer la CJR (Cour de justice de la République), afin que les ministres soient jugés par des juridictions de droit commun. AP

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