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Retraite: il faut un nouveau «contrat social», dit Alban D'Amours

13/02/2012 11:45 EST | Actualisé 14/04/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le Québec doit conclure un nouveau «contrat social» afin d'assurer la pérennité de son système de retraite, a soutenu lundi Alban D'Amours, ancien président du Mouvement Desjardins.

M. D'Amours préside un comité d'experts qui doit trouver des solutions aux «fortes pressions» auxquelles sont soumis les régimes de retraite en raison notamment de la faiblesse des taux d'intérêt, des bas rendements boursiers et de l'allongement de l'espérance de vie.

«La situation que nous analysons est délicate et préoccupante, mais je suis persuadé que nous trouverons les solutions adéquates, à la fois pour les participants et les retraités», a déclaré lundi Alban D'Amours en conférence de presse à Montréal.

«Nous avons cette ferme intention, comme membres du comité, de proposer des éléments qui, somme toute, seront à la base d'un nouveau contrat social», a-t-il ajouté.

Le comité se penchera plus spécifiquement sur les régimes complémentaires de retraite, qui sont offerts par les employeurs. Parmi les aspects qui seront sous la loupe des experts, on compte l'âge de la retraite, le partage des risques entre travailleurs et employeurs ainsi que les habitudes d'épargne des Québécois.

M. D'Amours a assuré que le comité allait «porter une attention particulière» à ce qui se fait ailleurs dans le monde. Il a évoqué l'exemple des Pays-Bas, où les régimes sont en meilleure santé que dans la plupart des autres pays occidentaux.

Là-bas, pas moins de 91 pour cent des travailleurs sont couverts par des régimes de retraite complémentaires (en sus des régimes gouvernementaux).

Le comité examinera avec attention les régimes à prestations déterminées, qui garantissent une rente précise à ceux qui en bénéficient. À peine 15 pour cent des travailleurs québécois sont couverts par de tels régimes aujourd'hui, contre 25 pour cent il y a 25 ans.

«Ce déclin affaiblit notre régime d'ensemble», a noté Alban D'Amours.

Ce dernier en a surpris plusieurs lundi en affirmant qu'il n'allait pas étudier l'impact sur les rentiers québécois du projet du gouvernement conservateur de réduire les prestations de Sécurité de la vieillesse. Il a soutenu que cette question était politique et qu'elle relevait donc de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Julie Boulet.

Cette dernière a répété lundi que le gouvernement du Québec s'attendait à ce qu'Ottawa le consulte avant d'apporter des changements à la Sécurité de la vieillesse.

Le comité n'exclut toutefois pas d'examiner la suggestion faite l'an dernier par l'ancien ministre Claude Castonguay d'obliger les travailleurs à participer à un régime enregistré d'épargne-retraite (REER).

M. D'Amours et son équipe ont déjà rencontré 18 «partenaires» des milieux patronaux, syndicaux et associatifs afin d'entendre leur point de vue.

Le comité prévoit remettre son rapport au gouvernement d'ici la fin de l'automne. Certaines des recommandations qu'il contiendra pourraient être retenues par Québec et entrer en vigueur en 2014.

Les autres membres du comité sont Luc Godbout, professeur à l'Université de Sherbrooke, Claude Lamoureux, ancien président du Régime de retraite des enseignants de l'Ontario, Maurice Marchon, professeur à HEC Montréal, Bernard Morency, vice-président à la Caisse de dépôt et placement, René Beaudry, actuaire, et Martin Rochette, avocat.

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