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Les rebelles syriens repoussent une attaque de l'armée dans la ville de Rastan

13/02/2012 05:00 EST | Actualisé 13/04/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Les rebelles syriens ont repoussé lundi une attaque de l'armée à Rastan, ville du centre du pays sous le contrôle de l'opposition, alors que les forces de Bachar el-Assad poursuivaient également leur offensive à Homs. Sur le plan diplomatique, la Russie a annoncé son intention d'examiner la demande de la Ligue arabe de créer une force de maintien de la paix pour la Syrie.

L'offensive de l'armée à Rastan, ville contrôlée par les rebelles depuis fin janvier, s'est soldée par la mort d'au moins trois personnes dans les rangs gouvernementaux, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé à Londres.

Les lignes téléphoniques semblaient coupées sur place, comme c'est habituellement le cas lors des opérations de l'armée. Ville natale de l'ancien ministre de la Défense Mustapha Tlass, en poste pendant trois décennies, Rastan a déjà été prise deux fois par des déserteurs de l'armée avant d'être reprise par les forces du régime.

À Homs, l'armée a bombardé Baba Amr, un quartier sous contrôle rebelle assiégé depuis plus d'une semaine, a rapporté l'OSDH. Des affrontements ont également opposé soldats et déserteurs à Bousra el-Harir, un village de la province de Deraa (sud), tandis qu'à Hama (centre), un tireur embusqué a tué un civil, précisait-on de même source.

L'OSDH précise par ailleurs que 45 véhicules, dont des chars, ont été expédiés à Jisr el-Choughour, ville de la province d'Idlib (nord-ouest) frontalière avec la Turquie.

À Moscou, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a fait savoir que son pays allait étudier la demande de la Ligue arabe de créer une force de maintien de la paix conjointe pour la Syrie, qui serait mise sur pied par l'organisation panarabe et l'ONU.

Alors que Damas a rejeté ce projet, M. Lavrov l'a jugé lundi prématuré, estimant qu'un cessez-le-feu devait être instauré avant tout déploiement d'une force internationale.

«Nous devrions d'abord avoir la paix», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Moscou au côté de son homologue émirati, cheikh Abdallah ben Zayed al-Nahyan.

De son côté, Pékin n'a pas pris clairement position sur le sujet, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Liu Weimin se bornant à expliquer que la Chine soutenait les «efforts de médiation politique» de l'organisation panarabe.

Alliées du régime de Bachar el-Assad, la Russie et la Chine ont mis leur veto à un projet de résolution condamnant la répression en Syrie lors d'un vote au Conseil de sécurité de l'ONU le 4 février.

La Ligue arabe a décidé dimanche dernier de demander au Conseil de sécurité de créer cette force conjointe. Elle a également appelé les Etats arabes à rompre tout lien diplomatique avec Damas et demandé que les dirigeants responsables de crimes contre le peuple syrien soient traduits devant des tribunaux internationaux. La Ligue a aussi dit vouloir fournir aux mouvements de l'opposition syrienne un soutien politique et matériel.

Le Haut Commisssaire de l'ONU pour les droits de l'Homme, Navi Pillay, a estimé lundi que des crimes contre l'humanité ont été commis et se poursuivaient en Syrie. Elle a accusé le gouvernement syrien de mettre à profit le récent échec du projet de résolution au Conseil de sécurité pour «écraser la contestation avec une force disproportionnée».

La répression du soulèvement en Syrie a fait plus de 5400 morts depuis la mi-mars 2011, selon Mme Pillay. Elle a ajouté que des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées, incluant des enfants, plus de 18 000 sont détenus de façon arbitraire et des milliers d'autres personnes sont portées disparues.

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