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Le sous-marin russe incendié en décembre avait encore des armes à bord

13/02/2012 10:08 EST | Actualisé 14/04/2012 05:12 EDT

MOSCOU - Un incendie dans un sous-marin nucléaire russe en cale sèche, en décembre, aurait pu déclencher une catastrophe nucléaire puisqu'il transportait des missiles nucléaires et d'autres armes, et ce malgré des déclarations officielles assurant du contraire, a rapporté lundi une publication russe.

Le respecté magazine «Kommersant Vlast» affirme que le feu à bord du Ekaterinbourg aurait pu causer de puissantes explosions qui auraient détruit le sous-marin et éparpillé des substances radioactives sur une large zone.

Lorsque le sinistre a éclaté, le 29 décembre, le ministère russe de la Défense a déclaré que toutes les armes avaient été déchargées avant que le sous-marin ne soit mis en cale sèche pour réparations au chantier de Roslyakovo, dans la région de Mourmansk.

Le ministère a refusé de commenter immédiatement l'affirmation du magazine.

Il aura fallu plus de 20 heures à des centaines de membres des services d'urgence pour éteindre l'important incendie qui a projeté des flammes orange jusqu'à 20 mètres dans les airs. Le ministère de la Défense a mentionné qu'un nombre non précisé de membres d'équipage étaient demeurés à bord lors du sinistre et que sept matelots avaient été hospitalisés après avoir inhalé du monoxyde de carbone.

Le feu, que les autorités ont plus tard attribué à une violation des normes de sécurité, s'est déclenché dans le coffrage en bois entourant le sous-marin et s'est rapidement étendu à la coque externe de l'engin, recouverte de caoutchouc.

Les systèmes hydrauliques du sous-marin étant hors service, l'équipage a dû retirer manuellement les lourdes torpilles des tubes de lancement pour éviter qu'elles n'explosent sous l'action des températures qui augmentaient rapidement.

Le magazine a indiqué qu'une explosion de torpilles, contenant chacune 300 kilos de TNT, aurait sans doute détruit l'avant du sous-marin et aurait pu déclencher une déflagration des missiles à têtes nucléaires dans le centre, ainsi que les deux réacteurs nucléaires de l'appareil.

«La Russie est passée très près de la plus grande catastrophe depuis Tchernobyl», a écrit le «Kommersant Vlast», faisant référence à l'explosion d'une centrale nucléaire de l'Ukraine communiste en 1986.

Le magazine a ajouté que les armes sont normalement retirées des sous-marins avant qu'on y effectue des réparations, mais la marine voulait éviter les longs délais associés au retrait des missiles et des torpilles. La publication précise que que les réparations étaient censées être mineures, et que la Flotte du Nord voulait que le Ekaterinbourg soit rapidement de nouveau opérationnel.

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