Gilles Duceppe de retour aux Communes

Duceppe

Première Publication: 13/02/2012 07:21 Mis à jour: 13/02/2012 20:45

OTTAWA - Une boîte de Pandore semble s'être ouverte avec la comparution de Gilles Duceppe au Bureau de régie interne à Ottawa, puisque le comité annonce désormais qu'il élargira le champ de son étude.

L'ancien chef bloquiste a pris le chemin de la Chambre des communes lundi pour tenter de convaincre le Bureau de régie interne qu'il avait utilisé des fonds parlementaires dans les règles de l'art. M. Duceppe devait défendre le fait que le salaire de l'ancien directeur général du parti, Gilbert Gardner, ait été puisé à même les budgets de la Chambre de 2004 à 2011.

Il est impossible de savoir si ses arguments ont trouvé une oreille attentive auprès des membres du comité, issus des trois autres partis présents aux Communes, puisque la rencontre était à huis clos. Mais sa visite a visiblement soulevé plus de questions que de réponses.

«Par suite de sa comparution et des renseignements fournis, de nombreuses autres questions ont été soulevées. Le Bureau poursuivra son examen et en élargira la portée», peut-on lire dans un bref communiqué de cette instance.

Interrogés après la rencontre, quelques membres du Bureau ont donné plus de précisions, sans toutefois indiquer la nature des éléments nouveaux sur lesquels ils enquêteront.

«En raison des informations fournies par M. Duceppe, beaucoup plus de questions ont été soulevées, beaucoup plus de préoccupations», a indiqué le ministre Peter Van Loan, l'un des trois conservateurs siégeant au comité.

«On lui a demandé du matériel supplémentaire. Il y a aussi un nombre d'autres individus impliqués à qui, je l'anticipe, on demandera de fournir des preuves à un certain stade», a noté son collègue Gordon O'Connor.

M. Duceppe était accompagné de sa femme Yolande Brunelle, du nouveau chef Daniel Paillé et de son avocat François Gendron. Il a été avare de commentaires devant la presse à la sortie de la rencontre, mais a maintenu que sa façon de faire n'avait pas contrevenu aux règles.

«Je suis tout à fait à l'aise. Depuis quand respecter la loi serait un manque à l'éthique?», a-t-il lancé.

Il a précisé qu'il avait fourni au Bureau une opinion juridique supplémentaire. Le Bureau, lui, n'a toujours pas émis de point de vue juridique sur la question. «Je n'ai pas reçu d'opinion juridique de la Régie. Ils m'ont dit qu'ils n'en avaient pas, d'ailleurs», a-t-il ajouté.

Le néo-démocrate Joe Comartin a expliqué qu'ils attendaient que M. Duceppe leur fournisse des renseignements supplémentaires avant de demander aux avocats leur point de vue.

Il y a deux semaines, M. Duceppe avait dévoilé un avis juridique dans lequel on a pu lire que la pratique de rémunérer un directeur de parti à partir des fonds parlementaires n'était interdite par aucun texte. L'avis soumis par M. Duceppe signalait que la fonction de M. Gardner était connue, ce qui démontre que la Chambre souscrivait à une interprétation des règlements qui légitimait cette rémunération.

Dans le nouveau document que l'ex-chef bloquiste a présenté au Bureau de régie interne lundi, son avocat François Gendron se base sur la jurisprudence de la Cour suprême du Canada pour en arriver également à la conclusion que les règles n'ont pas été violées.

Le comité se réunira à nouveau dans deux semaine et décidera à ce moment-là de la suite des choses.

Le député bloquiste André Bellavance a pour sa part dénoncé un processus qu'il a qualifie de «vicieux», alors que les membres du Bureau sont tous des adversaires politiques de M. Duceppe. «Moi, j’ai l’impression qu'ils vont essayer de faire en sorte de tirer le jus qu’ils peuvent de cette situation-là», a-t-il soutenu. Il a rappelé qu'aucun député bloquiste n'avait été autorisé à y siéger.

M. Duceppe, qui a été pressenti pour remplacer la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a annoncé à la fin janvier qu'il renonçait à un retour à la vie politique afin de consacrer son temps à défendre sa réputation.

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Publié par Jean-Philippe Cipriani  |