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Québec déposera un projet de loi contre l'intimidation et la violence

12/02/2012 11:12 EST | Actualisé 13/04/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le premier ministre Jean Charest et la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, ont annoncé, dimanche, une série de mesures s'adressant aux jeunes, aux intervenants scolaires et aux parents afin de limiter l'intimidation.

Le gouvernement reconduit et bonifie le Plan d'action pour prévenir et traiter la violence à l'école, lancé en 2008. Ce plan, a fait savoir le gouvernement, sera bonifié par l'ajout de nouvelles mesures, dont entre autres des activités de formation sur le civisme. Celles-ci seront tenues annuellement dans chaque école.

Des notions de «cybercitoyenneté» seront également intégrées aux apprentissages d'ici deux ans afin de transmettre aux jeunes «des valeurs qui guideront leur utilisation des nouvelles technologies».

Un projet de loi impliquant l'obligation d'intervenir en cas d'intimidation ou de violence sera déposé à l'Assemblée nationale mercredi prochain, a indiqué Mme Beauchamp.

De plus, une campagne nationale d'information d'une durée de trois ans visera les jeunes de 10 à 17 ans et abordera les thèmes de la cyberintimidation et de la violence, notamment. Des publicités seront diffusées à la télévision et sur Internet. Au dire de la ministre Beauchamp, un montant annuel d'un million $ sera consacré à cette campagne d'information et à de la recherche universitaire sur le phénomène de l'intimidation.

Cette somme vient s'ajouter aux 6 millions $ déjà prévus pour chacune des trois prochaines années dans le cadre du plan d'action gouvernemental. Mme Beauchamp n'a toutefois pas précisé si ces 6 millions $ étaient de l'argent neuf, ou tout simplement les montants précédemment annoncés lors du lancement du plan d'action en 2008.

Finalement, le gouvernement invite les citoyens à signer la Déclaration québécoise d'engagement contre l'intimidation et la violence, mise en ligne dès dimanche sur le nouveau site moijagis.com.

Au cours de leur allocution, M. Charest et Mme Beauchamp n'ont pas manqué de rappeler la mort de la jeune Marjorie Raymond, l'automne dernier, qui s'est enlevée la vie alors qu'elle était victime d'intimidation.

Ils ont aussi signalé le fait que le visage de l'intimidation a changé au fil dans et ne se limite plus à la cour d'école, avec, notamment, l'arrivée des réseaux sociaux.

«L'intimidation ne débute pas à 8 heures pour se terminer à 16 heures. Il se passe des choses avant et après», a répété plusieurs fois à ce sujet la ministre Beauchamp.

La ministre de l'Éducation, des Loisirs et du Sport a par ailleurs annoncé la tenue d'une semaine thématique contre l'intimidation et la violence, qui aurait lieu à chaque année aux environs du 2 octobre, Journée internationale de la non-violence.

De son côté, le ministre de la Sécurité publique Robert Dutil a mentionné que près de 300 écoles avaient déjà signé une entente de collaboration avec les forces de l'ordre pour permettre une intervention plus rapide des autorités en cas de problème grave relié à l'intimidation.

À la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), les nouvelles mesures annoncées par Jean Charest et Line Beauchamp sont applaudies. «On se rappellera que le plan d'action dévoilé par la ministre Beauchamp en 2008 n'avait eu à peu près aucune répercussion sur le milieu. À la lumière du projet de loi qui sera déposé, on verra effectivement si on y retrouve tous les outils pour aller de l'avant avec ce qui a été annoncé [dimanche]», a déclaré Réjean Parent, président de la CSQ.

«S'il s'agit d'ajouter des mandats à des gens qui en possèdent déjà, nous nous retrouverons cependant dans la même dynamique qui prévalait dans le plan précédent», a ajouté M. Parent, disant toutefois avoir constaté dimanche un «ton déterminé», une «volonté d'agir à 100 pour cent».

Le comédien et militant pour la lutte contre l'intimidation Jasmin Roy qualifie pour sa part l'annonce de «pas dans la bonne direction». «Le gouvernement libéral avait l'obligation de rassurer la population, même si nous allons attendre le dépôt du projet de loi», précise-t-il.

Il rappelle également que la fondation qui porte son nom tient toujours à participer aux commissions parlementaires entourant le futur projet de loi contre l'intimidation.

«C'est bien qu'il y ait de l'argent annoncé, mais encore faut-il que ces sommes se rendent aux intervenants, se rendent sur le terrain.»

«Nos directeurs d'écoles, nos enseignants et nos intervenants sont présentement débordés, et ils ont surtout besoin de temps pour agir», a-t-il conclu.

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