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La Ligue arabe veut que l'ONU crée une force de maintien de la paix en Syrie

12/02/2012 05:49 EST | Actualisé 13/04/2012 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Essayant une nouvelle fois de faire cesser les violences, la Ligue arabe a décidé dimanche, lors d'une réunion au Caire, de demander au Conseil de sécurité de l'ONU de créer une force de maintien de la paix pour la Syrie. Il est toutefois improbable que Damas accepte sur son territoire le déploiement d'une telle force qui serait constituée par l'ONU et la Ligue arabe.

Dans un projet de résolution, les 22 ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe appellent aussi à un cessez-le-feu immédiat en Syrie et demandent la levée du siège de certains quartiers et villages imposé par les forces du régime alaouite, ainsi que le retour des soldats dans leurs casernes.

Le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saoud al-Fayçal, a déclaré qu'il n'était plus approprié pour la Ligue arabe de rester passif devant le bain de sang en Syrie. "Jusqu'à quand resterons-nous spectateurs? C'est une honte pour nous en tant que musulmans et arabes d'accepter" ce carnage, a-t-il dit.

Dans leur projet de résolution, les ministres appellent aussi les mouvements de l'opposition syrienne à s'unir avant la réunion, le 24 février prochain en Tunisie, des "Amis de la Syrie", qui rassemblent les Etats-Unis, leurs alliés européens et des pays arabes essayant de mettre fin à 11 mois de conflit en Syrie.

La Ligue arabe veut aussi fournir aux mouvements de l'opposition un soutien politique et matériel. Elle appelle à l'arrêt de tout contact diplomatique avec Damas et à faire traduire les dirigeants responsables de crimes contre le peuple syrien devant des tribunaux internationaux. Elle exhorte à un durcissement des sanctions économiques déjà adoptées par la Ligue arabe, mais pas totalement mises en oeuvre.

Les participants à la réunion étudiaient aussi une proposition visant à expulser les ambassadeurs syriens des capitales arabes.

Par ailleurs, alors que la Ligue arabe envisageait une éventuelle relance de sa mission d'observation en Syrie, interrompue en janvier en raison de la poursuite de la répression, le général soudanais Mohammed Ahmed al-Dabi, qui la dirigeait, a démissionné dimanche. Le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil Elaraby a accepté cette démission et a nommé l'ancien chef de la diplomatie jordanienne Abdul-Illah al-Khatib comme émissaire spécial en Syrie, selon des responsables de l'organisation panarabe.

Aucune information n'a été donnée sur les raisons de la démission du général Dabi, mais le militaire soudanais avait été très critiqué pour la manière dont il dirigeait la mission, l'opposition syrienne et beaucoup de manifestants considérant qu'il s'agissait quasiment d'une couverture pour les exactions du régime. Il était aussi contesté pour avoir été un proche du président soudanais Omar el-Béchir, poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide au Darfour.

Selon M. Elaraby, «la nouvelle mission doit être totalement différente de la précédente (car) l'expérience passée a montré qu'il ne pouvait pas y avoir de rétablissement de la sécurité sans une vision politique».

Par ailleurs, le chef d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahri, a appelé les musulmans à soutenir le soulèvement en Syrie, affirmant que les rebelles ne pouvaient pas dépendre de l'Occident pour obtenir de l'aide. Dans un enregistrement vidéo diffusé samedi soir, il a appelé les musulmans en Irak, en Jordanie, au Liban et en Turquie à se joindre à l'insurrection contre "le régime pernicieux, cancéreux" de Bachar el-Assad.

La répression se poursuit par ailleurs en Syrie où les forces du régime continuent à pilonner des quartiers de Homs (centre) tenus par les rebelles. D'après une estimation des Nations unies, plus de 5400 personnes ont été tuées depuis le début du soulèvement en mars 2011 contre le régime du fils d'Hafez el-Assad. Les chiffres ne sont plus actualisés depuis janvier dernier en raison, selon l'ONU, de la situation chaotique en Syrie qui interdit tout vérification.

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