NOUVELLES

La course à la direction du NPD révèle des différences entre les candidats

12/02/2012 11:33 EST | Actualisé 13/04/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Il y a une vieille blague concernant la politique fédérale qui se lit à peu près comme suit: les conservateurs vont au congrès du parti pour boire, les libéraux pour s'envoyer en l'air et les néodémocrates pour débattre des détails d'énoncés de politique ennuyants.

Les néodémocrates privés d'amusement auront besoin de leur amour réputé des politiques pour passer au travers des montagnes de propositions mises de l'avant par les sept candidats luttant pour remporter la course à la direction du Nouveau Parti démocratique (NPD). Mais s'ils ont la patience de les scruter toutes, ils constateront des différences importantes à propos des priorités des candidats, leur style de leadership et leur approche vis-à-vis de la responsabilité fiscale.

En surface, toutefois, le député britanno-colombien Nathan Cullen l'a clairement indiqué: il y a un «violent accord» sur la plupart des questions.

Personne ne propose de s'éloigner de façon draconienne du parcours tracé dans la plateforme du parti en mai dernier par Jack Layton, dont le décès en août a déclenché la course actuelle. Cette plateforme promet des dépenses de près de 70 milliards $ pendant quatre ans sur ce que M. Layton avait qualifié de vraies priorités pour les familles canadiennes: des domaines tels que la santé, l'éducation, les soins pour les enfants, ceux pour les aînés, la Sécurité de la vieillesse, la création d'emplois et la protection de l'environnement.

Le parti avait promis de réaliser tout cela en équilibrant aussi le budget, grâce à l'élimination de réductions d'impôts consenties aux entreprises, la fin des subventions pour les hydrocarbures, l'abolition des paradis fiscaux outremer, la fixation d'un prix au carbone et l'évacuation de l'ordre du jour sécuritaire du premier ministre Stephen Harper.

Les candidats à la succession de M. Layton n'ont généralement pas dévié des grands thèmes de la plateforme, bien que certains promettent d'y apporter des ajouts ou des modifications.

Il y a malgré tout d'importantes distinctions entre les candidats en termes de dossiers privilégiés, du nombre de promesses effectuées et de la quantité de détails qu'ils sont prêts à fournir.

En termes de volume, personne ne peut battre le député d'Ottawa Paul Dewar. Il a émis des propositions sur pratiquement tous les aspects de la plateforme, pour un total d'environ quarante promesses spécifiques, et cela en ne comptant que celles qui engendreraient des dépenses.

La députée torontoise Peggy Nash a adopté une approche similaire, présentant plusieurs dizaines de propositions; elle promet entre autres d'investir dans les logements sociaux, les soins pour les personnes âgées et les soins pharmaceutiques.

Contrairement à ces deux candidats, les autres aspirants chefs n'ont offert qu'une poignée de propositions dans un nombre réduit de domaines, une stratégie, maintiennent-ils, qui est plus responsable sur le plan fiscal.

Cette responsabilité fiscale se retrouve d'ailleurs au coeur du message de campagne du candidat Brian Topp, qui se concentre sur la façon dont un gouvernement du NPD générerait les revenus nécessaires pour accomplir tout ce qu'il désire faire.

Le député montréalais Thomas Mulcair, quant à lui, a fait trois promesses importantes et détaillées jusqu'à présent: instaurer un système de bourse du carbone pour les grands pollueurs, réformer le système de pensions et promouvoir l'égalité hommes-femmes.

Les néodémocrates devront choisir les priorités et les approches politiques qui leur conviennent. Mais, alors qu'ils réfléchiront à ces avenues, ils devraient savoir que les conservateurs de Stephen Harper gardent bien en tête toutes les promesses et fourbissent déjà leurs armes.

PLUS:pc