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Un général syrien abattu devant chez lui à Damas

11/02/2012 12:59 EST | Actualisé 12/04/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Des hommes armés ont abattu samedi matin un général de l'armée syrienne, Issa al-Khouli, devant son domicile de Damas, a annoncé l'agence de presse officielle SANA. C'est le premier assassinat d'un haut responsable militaire dans la capitale syrienne depuis le début du soulèvement en mars 2011 contre le régime du président Bachar el-Assad.

Des violences, dans plusieurs régions du pays, ont fait au moins onze autres morts, alors que les troupes ont continué à pilonner des quartiers de Homs (centre) tenus par les rebelles, ainsi que la ville de Zabadani, située dans une région montagneuse au nord de Damas.

D'après SANA, les meurtriers du général Khouli, au nombre de trois, l'ont tué alors qu'il quittait son domicile du quartier de Roukn-Eddine. Ce général était médecin et dirigeait un hôpital militaire de Damas. La capitale, étroitement contrôlée par les forces du régime, avait jusqu'à présent été relativement épargnée par les violences.

Cet assassinat n'a pas été revendiqué dans l'immédiat, mais il pourrait montrer que les soldats rebelles, qui se sont soulevés dans plusieurs villes du pays, essayent désormais de lancer des actions à Damas.

Les assassinats ne sont pas rares en dehors de la capitale et des officiers ont déjà été tués, essentiellement dans les provinces de Homs et d'Idlib, des bastions des rebelles.

L'ONU estime que 5400 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du soulèvement en mars dernier. Mais ce chiffre date du mois de janvier, quand les Nations unies ont arrêté de dénombrer les victimes parce que le chaos dans le pays a rendu impossible une vérification des chiffres. Plusieurs centaines de personnes auraient été tuées depuis.

Le régime alaouite affirme que ce sont des terroristes opérant dans le cadre d'une conspiration étrangère qui cherchent à déstabiliser le pays et se cachent derrière le soulèvement, et non des Syriens voulant mettre fin à un pouvoir jugé autoritaire. D'après le gouvernement, plus de 2000 soldats et policiers ont été tués par des "terroristes" depuis mars dernier.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, un des principaux alliés de Bachar el-Assad, a exhorté samedi les pays arabes à ne pas aider l'opposition. S'exprimant à Téhéran devant plusieurs dizaines de milliers de partisans, à l'occasion du 33e anniversaire de la Révolution islamique de 1979, il a indirectement visé les monarchies du Golfe, accusées de n'avoir jamais organisé d'élections libres, moquant leur volonté de vouloir prescrire "de la liberté et des élections pour les autres" avec l'aide des États-Unis.

Depuis une semaine, les forces syriennes bombardent des quartiers de Homs tenus par les rebelles, cherchant à reprendre le contrôle d'une des principales villes impliquées dans le soulèvement. Selon des militants, plus de 400 personnes ont été tuées depuis le début de cette offensive.

Samedi, les troupes syriennes ont bombardé le quartier de Baba Amr, tuant au moins quatre personnes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, basé à Londres. Sur place, les Comités locaux de coordination ont affirmé pour leur part que 15 personnes avaient été tuées samedi dans ce quartier.

Des troupes et des soldats rebelles se sont par ailleurs affrontés à Douma, un faubourg damascène, a confié Mohammed Doumany, un militant se trouvant sur place. D'après l'Observatoire, des soldats sont entrés dans la Grande mosquée de Douma et ont arrêté plusieurs personnes se trouvant à l'intérieur.

L'Observatoire, qui a aussi fait état de d'affrontements entre des soldats et des déserteurs vendredi soir à Qaboun, au nord de Damas, a précisé qu'un militant avait été tué par des soldats. Trois personnes auraient aussi été tuées samedi à Zabadani (nord), près de la frontière libanaise, sous des bombardements de l'armée et trois autres dans la province de Deraa (sud).

Ces violences survenaient au lendemain du double attentat — non revendiqué — qui a visé deux bâtiments de la sécurité à Alep (nord), faisant au moins 28 morts.

Par ailleurs, à Tripoli, dans le nord du Liban, des affrontements entre militants pro et anti-syriens ont fait deux morts et douze blessés samedi, selon des responsables de la sécurité.

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