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Le premier ministre grec Lucas Papademos défend les mesures d'austérité

11/02/2012 05:07 EST | Actualisé 11/04/2012 05:12 EDT

ATHÈNES, Grèce - Les députés grecs vont se prononcer dimanche soir sur le plan d'austérité réclamé par l'Union européenne et le Fonds monétaire international pour débloquer une nouvelle aide à la Grèce et lui permettre d'éviter un défaut de paiement dans les prochaines semaines.

Le gouvernement a adopté dans la nuit de vendredi à samedi le projet de texte et l'a soumis aux députés.

Lors d'une allocution télévisée, samedi soir, le Premier ministre Lucas Papademos a défendu ces mesures d'austérité et déclaré que l'alternative était «une faillite catastrophique».

Ces propos rejoignent ceux émis, plus tôt samedi, par les leaders des partis appuyant le gouvernement de coalition, le socialiste George Papandreou et le conservateur Antonis Samaras.

Lucas Papademos a promis de «faire tout ce qui est nécessaire» pour que les mesures soient adoptées par le Parlement, en contrepartie d'un nouveau plan d'aide de 130 milliards d'euros.

Un défaut de paiement de la Grèce plongerait le pays dans un «chaos» incontrôlable et entraînerait une «explosion sociale», avait averti vendredi le chef du gouvernement.

«Le niveau de vie des Grecs en cas de défaut de paiement s'effondrerait et le pays serait pris dans une spirale de récession, d'instabilité, de chômage et de pénurie. Ces développements mèneraient, tôt ou tard, à une sortie de l'euro», a-t-il poursuivi.

Cinq ministres, dont la vice-ministre des Affaires étrangères, la socialiste Mariliza Xenogiannakopoulou, ont démissionné pour protester contre les mesures d'austérité. Les quatre autres sont des membres du petit parti de droite LAOS, membre de la coalition, qui s'oppose à ces nouvelles mesures. Jeudi, le vice-ministre du Travail Yiannis Koutsoukos, lui aussi membre du PASOK (parti socialiste), avait déjà démissionné.

George Karatzaferis, qui dirige le LAOS, a d'ores et déjà annoncé qu'il voterait contre le plan gouvernemental qui doit être présenté dimanche au Parlement. Le parti LAOS dispose de 16 députés au Parlement, au sein d'une coalition soutenue par 252 parlementaires (sur 300 députés). Si les deux autres principaux partis, le PASOK et la Nouvelle démocratie (droite) qui disposent ensemble de 236 députés approuvent le plan d'austérité, il sera adopté.

Le leader socialiste Georges Papandréou a appelé samedi les députés du PASOK à se prononcer pour les mesures. C'est la seule seule solution pour le pays, qui risque un «désastre» faute de nouvelle aide, a-t-il souligné.

Le chef de la Nouvelle démocratie, Antonis Samaras, a également invité les députés conservateurs à voter le texte, menaçant les réfractaires d'être privés d'investiture du parti lors des prochaines législatives. S'adressant à l'un d'entre eux, M. Samaras lui a demandé rageusement s'il souhaitait «un pays avec des tickets de rationnement et sans essence».

Il a par ailleurs appelé à des élections anticipées une fois un accord obtenu avec les créanciers privés en vue d'effacer environ 100 milliards d'euros de dette. Nouvelle démocratie, a-t-il ajouté, demandera une dissolution du Parlement et n'acceptera pas une prolongation du mandat de la coalition actuellement au pouvoir. Les élections sont normalement prévues en octobre 2013.

Parallèlement, la grève générale de deux jours lancée vendredi par les syndicats se poursuivait. Les transports ferroviaires et maritimes étaient à l'arrêt samedi, tandis que le service était très perturbé dans les hôpitaux et administrations. Le président du principal syndicat grec, GSEE, a prédit une aggravation de la crise politique et sociale.

«Les démissions (de ministres) sont l'illustration de cette crise. Elle va s'aggraver, parce que le système politique n'arrive pas à résoudre les problèmes. Ce n'est pas seulement financier. C'est avant tout politique», a estimé Yiannis Panagopoulos.

Environ 4000 personnes, selon les chiffres de la police, ont manifesté samedi en début d'après-midi devant le Parlement à Athènes à l'appel des syndicats. Des incidents ont éclaté lors de la dispersion, faisant deux blessés. Les autorités attendent une manifestation de plus grande ampleur dimanche soir au même endroit et redoutent des violences. À Thessalonique (nord), deuxième ville du pays, quelque 4000 ont manifesté samedi dans le calme.

Des échauffourées avaient éclaté vendredi à Athènes devant le Parlement entre des jeunes casqués et policiers, faisant dix blessés selon la police.

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