L'Egypte, un an après la chute de Moubarak

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Des étudiants et militants égyptiens pro-démocratie ont fait la grève samedi pour marquer le premier anniversaire de la chute de Hosni Moubarak. (AP)
Des étudiants et militants égyptiens pro-démocratie ont fait la grève samedi pour marquer le premier anniversaire de la chute de Hosni Moubarak. (AP)

(Agence France-Presse)

LE CAIRE, 11 février 2012 (AFP) - Des étudiants et militants égyptiens pro-démocratie ont fait la grève samedi pour marquer le premier anniversaire de la chute de Hosni Moubarak, espérant faire pression sur l'armée afin qu'elle quitte immédiatement le pouvoir.

Plusieurs groupes, y compris "Les jeunes du 6 avril", qui avaient contribué à lancer la révolte contre l'ancien président, avaient appelé à lever le pied dans les universités et sur les lieux de travail. Mais le mouvement semble avoir été peu suivi.

Un an après le départ de M. Moubarak, poussé à la démission par 18 jours de révolte, les militants qui ont provoqué sa chute exigent désormais que l'armée, accusée de perpétuer l'ancien régime et de réprimer le mouvement pro-démocratie, passe le relais aux civils.

Des étudiants ont manifesté dans plusieurs universités pour exiger la fin du pouvoir du Conseil suprême des forces armées (CSFA), à qui M. Moubarak a remis les rênes du pays en démissionnant.

"Je suis en grève car la situation du pays est mauvaise. Il n'y aucune différence entre le Conseil militaire et Moubarak", a affirmé à l'AFP Mahmoud Magdy, un étudiant en économie à l'université d'Aïn Chams.

A l'université du Caire, une centaine d'étudiants se sont rassemblés en scandant "A bas le pouvoir militaire" et "Etudiants et travailleurs contre l'oppression et l'exploitation".

Alaa Abdel Fattah, un militant détenu pendant près de deux mois pour avoir "incité à la violence contre les forces armées" lors d'une manifestation, a affirmé à l'AFP que l'appel à la grève visait à "envoyer un message au peuple".

Il s'agit de "soutenir et de propager l'idée de la désobéissance civile" et la prochaine mobilisation sera plus large après "une coordination avec les travailleurs", a-t-il assuré, en estimant que la mobilisation avait été bonne dans les universités et les lycées.

L'appel à la grève a divisé la population et les forces politiques. Les Frères musulmans, qui dominent le Parlement récemment élu, s'y sont opposés, tout comme de nombreux Egyptiens, qui se plaignent de la dégradation de l'économie et de l'insécurité croissante.

La télévision publique a affirmé que les travailleurs du secteur des transports n'allaient pas se mettre en grève, tandis que le quotidien pro-gouvernemental Al-Ahram titrait en Une: "Le peuple refuse la désobéissance civile".

Et l'armée a annoncé qu'elle se déploierait à travers le pays pour assurer la sécurité.

Vendredi soir, le CSFA a prévenu qu'il ne cèderait ni aux "menaces" ni aux "pressions", en évoquant des "complots" contre l'Etat.

"Nous faisons face à des complots contre la nation dont le but est de saper les institutions de l'Etat égyptien et de faire tomber l'Etat lui-même pour que le chaos règne, que la destruction prévale et que les ennemis de la nation soient satisfaits", a-t-il dit.

Mais "cela ne se réalisera pas", a-t-il assuré. "Jamais nous ne cèderons à des menaces, nous ne cèderons pas aux pressions, et nous n'accepterons pas les diktats".

Vendredi, des milliers de manifestants avaient convergé vers le ministère de la Défense au Caire, défendu par la police militaire, des blindés et des barbelés. Samedi en revanche, quelques dizaines de partisans de l'armée manifestaient leur soutien au CSFA dans le même quartier.

"Je suis avec l'armée", a dit à l'AFP l'un d'entre eux, aussitôt empêché de parler aux journalistes par d'autres manifestants arguant que la presse allait "se moquer d'eux".

Le 11 février 2011, au 18e jour d'une révolte populaire sans précédent, le vice-président de l'époque, Omar Souleimane, annonçait dans un bref message à la télévision la démission de M. Moubarak.

D'abord acclamée par la population, la junte d'une vingtaine de généraux qui lui a succédé a promis de faciliter le passage à la démocratie et de rendre le pouvoir aux civils dès que possible. Mais elle est aujourd'hui accusée de chercher à préserver ses privilèges et son influence.

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