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Visite du vice-président chinois: la Maison-Blanche abordera les droits humains

10/02/2012 04:16 EST | Actualisé 11/04/2012 05:12 EDT

WASHINGTON - La Maison-Blanche a affirmé vendredi qu'elle abordera le sujet de la situation des droits de la personne en Chine, alors que le vice-président Xi Jinping, qui pourrait bien être le prochain dirigeant, sera de passage aux États-Unis.

Le directeur des affaires asiatiques, Daniel Russel, a indiqué que cette visite du vice-président sera pour lui l'occasion d'être mis au courant des dossiers qui préoccupent les États-Unis, dont la situation au Tibet et la liberté d'expression et de religion.

«Nous ne sacrifierons pas les sujets importants pour s'assurer qu'il ait une visite confortable», a affirmé M. Russel aux journalistes.

M. Xi devrait succéder à Hu Jintao à titre de secrétaire du Parti communiste l'automne prochain, et devenir le président de la Chine au printemps 2013.

Le vice-président arrivera aux États-Unis lundi pour une visite de quatre jours, à l'invitation de son homologue américain Joe Biden. Il rencontrera aussi le président Barack Obama et le secrétaire à la Défense Leon Panetta.

Cette rencontre surviendra après qu'un tribunal chinois eut condamné, vendredi, un dissident à une peine de sept ans de prison pour avoir écrit un poème appelant ses compatriotes à se réunir sur une place publique.

Le groupe Chinese Human Rights Defenders a affirmé qu'un tribunal de la ville de Hangzhou avait condamné Zhu Yufu, vendredi, lors d'une audience à laquelle assistaient son fils et son ex-femme.

M. Zhu fait partie d'un groupe d'écrivains et d'intellectuels ciblés par les autorités chinoises dans une opération visant à prévenir des soulèvements populaires semblables à ceux survenus lors du Printemps arabe en 2011.

Dans les derniers mois, trois autres dissidents ont été condamnés à neuf et dix ans de prison pour subversion ou incitation à la subversion.

Les groupes de défense des droits de la personne ont critiqué l'utilisation, par les autorités, d'une loi peu explicite sur la subversion pour emprisonner les dissidents. La Chine a commencé à avoir recours à la loi sur la subversion après avoir annulé une loi fortement critiquée portant sur les activités contre-révolutionnaires.

L'avocat de M. Zhu, Li Dunyong, avait déjà affirmé que pendant le procès, les procureurs ont cité en preuve un poème intitulé «Il est temps». Des passages du poème ont depuis été partagés sur Internet. «Il est temps, peuple de Chine! La place appartient à tout le monde. Vos pieds vous appartiennent. Il est temps d'utiliser vos pieds pour aller sur la place et faire un choix», peut-on lire dans les extraits.

À Washington, la porte-parole du département d'État, Victoria Nuland, a réclamé la libération de M. Zhu et des autres personnes «détenues pour avoir exercé leurs droits».

«Nous sommes toujours inquiets de la détérioration de la situation des droits humains en Chine, notamment les peines lourdes imposées aux militants des droits de la personne, et les violences récentes survenues dans la région du Tibet», a-t-elle indiqué.

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