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Une étude révèle que des citoyens «ordinaires» achètent des armes au noir

10/02/2012 07:15 EST | Actualisé 11/04/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Le marché noir des armes à feu ne concerne pas seulement les membres de gangs criminels, mais également les simples amateurs de fusils et pistolets, laisse croire une étude fédérale.

Le rapport indique qu'«une part importante» des gens qui achètent des armes de façon illicite sont des citoyens soi-disant «respectueux des lois», comme des collectionneurs.

L'étude sur la vente des armes à feu sur le marché souterrain, commandée par le ministère de la Sécurité publique, a été complétée en septembre 2010 mais seulement divulguée récemment en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Les chercheurs ont interrogé 20 hommes à propos de leurs habitudes d'achats d'armes illégales au Québec.

Treize des 20 personnes interrogées ont été emprisonnées dans des pénitenciers fédéraux; il s'agissait de jeunes comme de contrevenants plus âgés, provenant de régions urbaines et rurales qui ont été mis en prison pour une série de crimes divers.

Les sept autres, n'ayant pas fait de prison, étaient des amateurs d'armes et des collectionneurs qui peinaient à trouver ce qu'ils cherchaient sur le marché légal.

Selon l'étude, ces individus étaient ainsi prêts à risquer de passer par des moyens illicites.

Les chercheurs soutiennent qu'il serait important de s'attarder à cette partie des acheteurs «respectueux des lois» afin de déterminer si ce genre d'«écart» est répandu au sein de la population ne commettant pas de crimes.

Le ministère de la Sécurité publique n'a pas répondu à une demande de commentaire.

Un projet de loi actuellement débattu au Parlement mettrait fin à l'enregistrement obligatoire des armes d'épaule, et viendrait effacer de façon permanente près de sept millions de fichiers sur le port d'arme.

L'étude note par ailleurs qu'il existe très peu de recherches sur les armes illégales au pays et les habitudes d'achat au sein de ce marché. Les auteurs du document prônent d'ailleurs des études plus poussées, arguant que l'échantillon examiné était particulièrement faible.

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