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Marine Le Pen voit en Nicolas Sarkozy "un ennemi du processus référendaire"

10/02/2012 06:54 EST | Actualisé 11/04/2012 05:12 EDT

PARIS - Marine Le Pen a fermement réagi vendredi à la proposition énoncée par Nicolas Sarkozy d'un recours au référendum sur des questions comme les droits des chômeurs et l'immigration en qualifiant le chef de l'Etat d'"ennemi du processus référendaire".

Dans un entretien au "Figaro Magazine" à paraître ce week-end, le président -toujours pas officiellement candidat- trace les grandes lignes de son programme à venir et dit vouloir "s'adresser directement aux Français" sur ce type de questions pour "surmonter des blocages dans notre société".

Il indique que les sujets soumis à référendum porteraient sur le "système d'indemnisation du chômage et sur la façon dont on doit considérer le travail et l'assistanat" ou encore sur le droit des étrangers.

Pour la présidente du Front national, qui a axé une partie de sa campagne sur le principe d'une "République référendaire", Nicolas Sarkozy n'est pas crédible.

En effet, a-t-elle rappelé sur BFM-TV, "c'est lui qui a fait voter par le Congrès l'inverse de ce que les Français avaient voté lors du référendum de 2005 (sur le projet de Constitution européenne, NDLR); (...) c'est celui qui a supprimé de la Constitution en 2008 les référendums pour tout nouvel élargissement de l'Union européenne; c'est celui qui, il y a quelques mois, est intervenu pour empêcher le référendum en Grèce".

"Je crois que s'il y a bien un ennemi du processus référendaire, c'est bien Nicolas Sarkozy, et ses actes, en l'occurrence, le démontrent", a-t-elle martelé, dénonçant la proposition de référendum sur l'immigration de la part d'"un homme qui a fait entrer un million d'étrangers légalement dans notre pays en cinq ans et a régularisé 160.000 clandestins".

Interrogée sur sa collecte de parrainages pour concourir à l'élection présidentielle, elle a dit disposer à ce jour de "380 promesses".

"Par conséquent, il m'en manque encore un grand nombre", a-t-elle constaté, appelant les maires à "ne pas tomber dans ce scandale démocratique qui voudrait que l'UMP et le PS décident qui est candidat et qui ne l'est pas".

Quant à la prise de position de Nicolas Sarkozy contre un changement du système actuel des parrainages, la patronne du FN a jugé que le chef de l'Etat faisait preuve d'une "très grande hypocrisie".

"Il a dit lui-même qu'il était contre l'anonymat des parrainages alors qu'il avait lui-même demandé, lorsqu'il a été élu, à ce que M. Fillon change ce processus", a-t-elle noté.

A ses yeux, "tout permet de dire que le président de la République table sur mon absence. Il cherchera à m'empêcher d'être candidate, toute sa stratégie électorale tourne autour de cette absence supposée."

Sur ce même thème, Marine Le Pen a accusé M. Sarkozy d'avoir violé "le principe fondamental de l'Etat de droit de la séparation des pouvoirs" en étant intervenu "dans une instance en cours, celle que j'ai engagée devant le Conseil constitutionnel" pour obtenir l'anonymat des promesses de parrainage.

Le Conseil constitutionnel doit se prononcer avant le 22 février sur une question prioritaire de constitutionnalité déposée sur cette question par le FN. AP

tl/ir

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