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Le gouvernement du Québec intervient pour empêcher Résolu d'acquérir Fibrek

10/02/2012 09:55 EST | Actualisé 11/04/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Dans un geste inusité, le gouvernement du Québec intervient pour empêcher Produits forestiers Résolu (TSX:ABH) de mettre la main sur le producteur de pâte à papier Fibrek (TSX:FBK).

Mercer International (TSX:MRI.U) a déposé vendredi une offre de 170 millions $, ou 1,30 $ par action, pour acquérir Fibrek. Selon les deux entreprises, la valeur de l'offre, composée d'espèces et d'actions de Mercer, est 30 pour cent supérieure à celle de 1 $ par action présentée en novembre dernier par Résolu, anciennement connue sous le nom d'AbitibiBowater.

La portion comptant de 70 millions $ de l'offre de Mercer sera financée par un prêt avancé par une institution financière du gouvernement du Québec, a indiqué vendredi le chef de la direction financière de Mercer, David Gandossi, au cours d'un entretien téléphonique avec La Presse Canadienne.

«On est en discussions (avec Fibrek) pour assurer la pérennité de l'entreprise», a de son côté indiqué Chantal Corbeil, porte-parole d'Investissement Québec (IQ), le bras financier du gouvernement. La SGF, aujourd'hui fusionnée à IQ, avait une entente de prêt de 78 millions $ avec Fibrek qui est toujours en vigueur, a-t-elle ajouté.

«Nous pensons que nous serions un bien meilleur propriétaire (de l'usine de Fibrek à Saint-Félicien) pour plusieurs raisons, a affirmé M. Gandossi. Je pense qu'on a dit à Résolu de se retirer du dossier. (L'acquisition de Fibrek par Résolu), ce serait une trop grande concentration dans une seule main et je pense que les propriétaires de scieries de la région sont vraiment préoccupés à l'idée que Résolu reprenne cette usine.»

M. Gandossi a aussi souligné qu'il était plus facile et rapide d'obtenir un prêt d'IQ que d'une institution privée.

Il faut dire que Résolu et Québec sont à couteaux tirés depuis plusieurs semaines.

Le mois dernier, le gouvernement a retiré à Résolu le droit d'exploiter la centrale hydroélectrique Jim-Gray en raison du refus de l'entreprise montréalaise de s'engager à réaliser un certain niveau d'investissements au cours des prochaines années.

Résolu soutient qu'elle ne peut rien promettre tant que Québec ne lui précisera pas à combien de bois elle aura accès au cours des prochaines années. Le gouvernement rétorque qu'il faudra pour cela attendre le résultat des enchères à venir sur l'exploitation des forêts publiques.

Les journalistes ont demandé vendredi à Hubert Lacroix, président du conseil d'administration de Fibrek, si l'entreprise avait tenu compte du fait que la vente à Mercer se traduirait par la perte d'un siège social québécois.

«Le seul objectif du conseil d'administration, c'est de maximiser la valeur pour les actionnaires dans le cas d'une prise de contrôle», a affirmé celui qui est également pdg de CBC/Radio-Canada.

De son côté, Mercer assure qu'aucun licenciement n'est prévu chez Fibrek. L'entreprise entend toutefois revendre les deux usines américaines de Fibrek, qui sont situées au Michigan et en Virginie-Occidentale.

Il reste à voir si l'offre de Mercer réussira. L'offre de Résolu jouit de l'appui des grands actionnaires de Fibrek.

Fibrek produit et commercialise de la pâte kraft vierge et recyclée. La compagnie exploite trois usines situées à Saint-Félicien, au Québec, à Fairmont, en Virginie-Occidentale, et à Menominee, au Michigan.

Mercer, dont le siège social est situé à Vancouver malgré une incorporation à Washington, a des installations en Allemagne et dans l'Ouest canadien.

L'action de Fibrek a gagné 16,8 pour cent vendredi pour clôturer à 1,32 $, alors que celle de Mercer a perdu 5,9 pour cent pour terminer la séance à 8,21 $, à la Bourse de Toronto.

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