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L'Allemagne accepterait un «ajustement» du programme d'aide portugais

10/02/2012 10:28 EST | Actualisé 11/04/2012 05:12 EDT

LISBONNE, Portugal - Le Portugal semble avoir rallié l'Allemagne à ses efforts pour obtenir une marge de manoeuvre dans la mise en oeuvre de la cure d'austérité demandée au pays en échange d'un plan de sauvetage de 78 milliards d'euros.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a déclaré à son homologue portugais jeudi soir que Berlin était ouvert à un «ajustement» du plan d'aide portugais. S'exprimant avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles, M. Schäuble a déclaré à Vitor Gaspar que «la clé» était d'abord de trouver une solution pour la Grèce.

«S'il y avait alors besoin d'un ajustement du programme portugais, nous serions prêts à le faire», a-t-il ajouté lors d'une conversation captée par la télévision portugaise TVI.

M. Schäuble a également averti M. Gaspar que le Bundestag et l'opinion allemande pourraient être difficiles à convaincre car ils «ne croient pas que nos décisions sont sérieuses» et restent sceptiques sur les mesures prises pour la Grèce.

La détérioration de la situation économique au Portugal, en proie à la récession et à un chômage record, est largement imputée aux hausses d'impôts, baisses de salaires et à d'autres mesures d'austérité adoptées par le gouvernement portugais. Lisbonne souhaite un assouplissement des conditions de son programme d'aide, tout en assurant ne pas avoir besoin de davantage de fonds ou de temps pour redresser ses comptes.

Mais de nombreux analystes pensent que le Portugal aura besoin de plus d'aide alors que la Banque du Portugal prédit une contraction de l'économie de 3,1 pour cent cette année.

M. Gaspar a déclaré aux médias portugais après la réunion à Bruxelles que le Portugal n'avait pas déposé de demande officielle de révision du plan de sauvetage et honorerait l'accord signé en mai dernier.

Il a précisé que son homologue allemand avait exprimé sa satisfaction devant les efforts entrepris par Lisbonne pour réduire sa dette. Il a également souligné que les créanciers institutionnels du Portugal — Fonds monétaire international (FMI), Banque centrale européenne (BCE) et Commission européenne — s'étaient déjà dits prêts à renforcer leur aide si le pays, après avoir mis en oeuvre son programme de renflouement, était encore dans l'incapacité de recommencer à emprunter sur les marchés en 2013 en raison de facteurs extérieurs.

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