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Jeunes musiciens du monde: non à l'intimidation!

10/02/2012 12:43 EST | Actualisé 10/02/2012 12:43 EST
Courtoisie

QUÉBEC- Tout a commencé au Château Frontenac: c’était soir de bal pour le maire de Québec et sa cour. Régis Labeaume avait convié les leaders de la ville le temps d’une danse, le temps aussi d’allonger quelques dollars pour la cause; Jeunes musiciens du monde. Une soirée classique, jusqu’à ce que trois petites voix demandent le silence avant d’entamer «Reste debout», une chanson sur l’intimidation. L’atmosphère mondaine s’est figée, la réalité des cours d’école venait de frapper de plein fouet le cœur des convives.

«Certains ont pleuré» se rappelle Audrey, 14 ans, l’une des voix qui a demandé le silence ce soir-là. Ému devant la réaction unanime, le maire de Québec a voulu tout de suite passer à l’action. «J’ai encore une fois parlé trop vite et pensé trop rapidement ce qu’on me reproche continuellement, j’ai dit "On enregistre ça"» a-t-il lancé à l’un des deux fondateurs, Blaise Fortier.

Des paroles prononcées par le maire le 1er décembre; l’enregistrement a eu lieu quatre jours plus tard dans les studios de l’Ampli, cette école de Rock fondée par la Ville de Québec... L’une des trouvailles du maire lors de son passage à Bordeaux. Là-bas, on l’appelle la Barbey school of rock.

Il faut dire que lui-même avait la larme à l’œil. «C’est insidieux l’intimidation quand vous le vivez, c’est difficile à dénouer, parce que les victimes qui sont nos enfants ne veulent pas parler, et pour des parents c’est dramatique, c’est intenable. Moi j’ai un de mes enfants que j’entendais pleurer seul dans sa chambre et je ne pouvais rien faire.»

Les jeunes ont décidé du thème. C’était bien avant la mort de Marjorie Raymond qui s’est enlevée la vie à Sainte-Anne des Monts, victime d’intimidation. Chaque mot est soigneusement choisi. La rime est introduite pour compléter le message.

«Hey! Reste debout, ne te laisse pas abattre surtout»

«Hey! Reste debout, la vie peut changer du tout au tout»

«Les paroles donnent de l’espoir à un jeune qui est intimidé» avance Sophie Pomerleau, directrice de Jeunes musiciens du monde de Québec. «Ce sont des jeunes qui parlent à des jeunes, qui lui disent: vient dans le groupe, tu en fais partie.» Ce que confirme sans hésiter Audrey-Anne 12 ans, l’une des trois voix qui a fait couler des larmes ce fameux soir de gala. «Il y a de l’amour pour ces jeunes là et on leur dit qu’il y a des gens qui sont prêts à leur en donner.»

De quelques notes couchées sur du papier, la chanson est donc devenue «numérique». Archambault la rend accessible gratuitement sur son site en ligne, archambault.ca/restedebout. Un montant pour chaque téléchargement sera versé à l’une des cinq écoles que chapeaute l’organisme. Une première pour Jeunes musiciens du monde. «On est pauvre» avoue Sophie Pomerleau, «C’est notre mission d’accompagner des jeunes dans leur accomplissement, on espère que ça va aider et nous aider.»

Voyez ici le vidéo de Radio-Canada et celui de TVA Québec.