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Cinq ministres grecs démissionnent sur fond de nouvelles manifestations

10/02/2012 06:54 EST | Actualisé 11/04/2012 05:12 EDT

ATHÈNES, Grèce - Au lendemain de l'annonce de nouvelles mesures d'austérité dans le cadre de l'accord sur le nouveau plan d'aide à la Grèce, cinq ministres membres de la coalition de gouvernement ont démissionné vendredi pour témoigner de leur désaccord.

Parallèlement, plusieurs milliers de personnes sont descendues dans les rues d'Athènes, répondant à l'appel lancé par les syndicats à une grève générale de protestation de deux jours.

En ce premier jour de grève, 7000 personnes, selon la police, ont défilé dans un premier cortège jusqu'à la place Syntagma, dans le centre d'Athènes. Des incidents ont éclaté devant le Parlement, plusieurs dizaines de jeunes lançant des engins incendiaires et des pierres sur la police, qui a répondu à coups de gaz lacrymogènes.

Huit policiers et deux autres personnes ont été blessés, alors que six émeutiers présumés ont été arrêtés.

Près de 10 000 partisans du parti communiste ont défilé séparément, dans le calme, scandant des slogans contre ces mesures prévoyant notamment une baisse de 22 pour cent du salaire minimum et la suppression d'un fonctionnaire sur cinq, dans un pays qui est en récession depuis cinq ans.

Dans ce contexte de grève générale lancée à l'appel des deux plus gros syndicats du pays, les transports étaient très perturbés, ainsi que le travail dans les hôpitaux et services publics. En plus de celles d'Athènes, des manifestations étaient prévues dans plusieurs villes.

Par ailleurs, une nouvelle crise politique se profile, avec la démission vendredi de cinq ministres, dont la vice-ministre des Affaires étrangères, la socialiste Mariliza Xenogiannakopoulou.

Les quatre autres sont des membres du petit parti de droite LAOS, membre de la coalition, qui s'oppose à ces nouvelles mesures: le ministre des Transports et les vice-ministres de la Défense, de la Marine marchande et de l'Agriculture. Jeudi, le vice-ministre du Travail Yiannis Koutsoukos, lui aussi membre du PASOK (parti socialiste), avait déjà démissionné.

George Karatzaferis, qui dirige le LAOS, a d'ores et déjà annoncé qu'il voterait contre le plan gouvernemental qui doit être présenté dimanche au Parlement.

Le parti LAOS dispose de 16 députés au Parlement, au sein d'une coalition soutenue par 252 parlementaires (sur 300 députés). Si les deux autres principaux partis, le PASOK et la Nouvelle démocratie (droite), approuvent le plan d'austérité, il sera adopté.

«Ils essayent d'imposer des mesures qui vont faire empirer la récession et conduire le pays au désespoir», a déclaré Mariliza Xenogiannakopoulou dans une lettre, ajoutant qu'elle voterait contre les mesures d'austérité présentées au Parlement.

Le premier ministre Lucas Papadémos a toutefois affirmé qu'il ne ferait pas marche arrière malgré ces démissions en série. Dans une intervention télévisée, vendredi, il a affirmé que les membres importants de son gouvernement seront congédiés s'ils s'opposent au plan d'austérité.

Jeudi, les autorités grecques ont annoncé avoir conclu un accord avec leurs créanciers institutionnels sur de nouvelles mesures d'austérité exigées en contrepartie d'un nouveau plan d'aide de 130 milliards d'euros. Mais les bailleurs internationaux d'Athènes ont estimé que la Grèce ne répondait pas à toutes leurs exigences et lui laissent jusqu'au milieu de la semaine prochaine pour s'y conformer.

«Nous vivons des moments tragiques», a constaté vendredi le vice-premier ministre Theodoros Pangalos. «Ces jours sont le dernier acte d'un drame qui, nous l'espérons tous, mènera à une conclusion heureuse avec une réduction volontaire de notre dette publique et la mise en oeuvre d'un cadre d'ici 2015, qui permettra à l'économie de se stabiliser.»

Dans ce contexte, les nouveaux obstacles auxquels la Grèce se trouve confrontée ont eu une répercussion vendredi sur la Bourse d'Athènes qui a plongé de 4,6 pour cent, alors que l'euro était en baisse de 0,7 pour cent, à 1,3180 $ US.

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