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Jean Charest: l'économie et l'emploi au coeur de la campagne électorale

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JEAN CHAREST
L'économie et la création d'emplois seront les enjeux de la prochaine campagne électorale, a indiqué jeudi le premier ministre Jean Charest. (PC) | CP

VICTORIAVILLE, - L'économie et la création d'emplois seront les enjeux de la prochaine campagne électorale, a indiqué jeudi le premier ministre Jean Charest.

Les enjeux étant trouvés, il reste à fixer la date, ce qui ne semble pas encore fait.

Mais aucun scénario n'est exclu par le premier ministre, même celui d'élections hâtives dès ce printemps.

En point de presse en marge d'un caucus de deux jours des députés libéraux, qui se tient à Victoriaville, M. Charest affichait jeudi l'air serein de celui qui ne sent pas l'urgence de prendre une décision.

Le développement économique, «au Parti libéral du Québec, c'est notre marque de commerce, c'est la priorité de mon gouvernement, puis ce sera l'enjeu», a indiqué M. Charest.

Chose certaine, ce caucus se tient avec en fond de scène la perspective d'un possible scrutin au printemps ou à l'automne. La date et les thèmes de campagne du Parti libéral du Québec font partie des discussions tenues par les députés.

Le directeur général du parti, Karl Blackburn, était présent à Victoriaville pour faire un exposé de la situation. La machine libérale est clairement en marche.

De toute évidence, les libéraux vont tenter de refaire le coup de l'automne 2008, en misant sur la recherche de stabilité économique pour gagner le coeur des électeurs. Le Plan Nord servira d'appât en ce sens.

«C'est incontournable la question de l'économie, a dit M. Charest. Ceux qui passent à côté de cet enjeu-là se trompent gravement. Forcément, l'emploi, l'économie, c'est au coeur même de tout ce que nous devons entreprendre au Québec.»

Le menu du caucus est chargé, car les députés doivent aussi discuter de la stratégie à adopter, alors que débutera une nouvelle session parlementaire mardi prochain.

Surtout, les libéraux doivent se familiariser avec les orientations du budget que le ministre des Finances, Raymond Bachand, prépare pour la fin du mois de mars. Les libéraux pourraient décider de déclencher des élections en s'appuyant sur ce budget, surtout s'il inclut des mesures permettant aux contribuables de souffler un peu.

En point de presse, M. Bachand a promis de présenter un budget «dans la continuité» du précédent, en gardant le cap sur l'élimination du déficit en 2013-2014.

«Dans la quatrième année de mandat, il faut être prêt», pour des élections, a dit M. Bachand.

M. Charest a dit que si la chef péquiste Pauline Marois souhaitait un scrutin hâtif c'était surtout pour rallier les dissidents au sein de son parti, tandis que le chef caquiste François Legault brandit le spectre d'une élection pour attirer des gens dans son parti naissant.

Contrairement à la chef du Parti québécois, M. Charest juge que la tenue d'élections à date fixe n'est pas une bonne idée.

La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, n'a pas caché que la prochaine campagne électorale était à l'ordre du jour de la réunion du caucus.

«On sait qu'en est en mode électoral, mais à quel moment? Ce sera au premier ministre» de décider, a-t-elle commenté.

«Je suis prête» pour des élections, a ajouté la ministre, en annonçant qu'elle serait candidate aux prochaines élections et que son investiture était déjà passée.

Avant de lancer un appel au peuple, le gouvernement voudra régler certains dossiers, dont le projet de loi qui vise à moderniser le régime minier.

Jeudi, trois ministres (Serge Simard, Laurent Lessard et Clément Gignac) ont convoqué les médias pour dénoncer une fois de plus ce qu'ils qualifient d'«obstruction systématique» depuis des mois de la part de l'opposition péquiste.

Comme le gouvernement est majoritaire, il n'est pas exclu qu'il impose l'adoption du projet de loi 14. «C'est le fun d'avoir la majorité, ça sert au moment opportun», a convenu le ministre Lessard.

Un autre dossier qui est toujours en suspens est celui de la hausse des frais de scolarité, qui risque de hanter le gouvernement au cours des prochains mois, avec possibilité de grève générale. Jeudi, plus d'une centaine d'étudiants s'étaient rendus à Victoriaville pour contester ces hausses jugées excessives.

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a réaffirmé qu'il n'était pas question de reculer. «On a pris une décision responsable», a-t-elle dit.

À court terme, le gouvernement espère aussi éviter la grogne des parents, alors que les négociations avec les éducatrices en garderie s'enveniment.