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Syrie: le Canada proteste contre l'attitude de la Russie

08/02/2012 08:24 EST | Actualisé 09/04/2012 05:12 EDT
AL-AKHBAR NEWSPAPER AFP

OTTAWA - Le Canada a pressé la Russie d'arrêter de fournir des armes au régime du président Bachar el-Assad, le dictateur syrien à l'origine d'une violente répression des dissidents.

Un haut-responsable a indiqué que l'ambassade canadienne à Moscou a envoyé une note de protestation au ministère des Affaires étrangères de la Russie.

Cette démarche survient après que le ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird, eut exprimé sa déception à la suite du veto de la Chine et la Russie samedi, devant le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Ce veto a tué une résolution qui aurait condamné le régime du président el-Assad. Depuis des mois, les affrontements entre manifestants et forces de sécurité du régime ont fait des milliers de morts civils.

«Nous sommes suffisamment préoccupés que nous avons soulevé nos inquiétudes au sujet de la Syrie aux Russes par le biais d'une note envoyée par notre ambassade à Moscou», a confirmé mercredi Barbara Martin, la directrice générale du bureau du Moyen-Orient du ministère des Affaires étrangères.

«Je crois que plusieurs autres communautés sont aussi préoccupées face à cette situation.»

Mme Martin a expliqué aux membres du comité des Affaires étrangères de la Chambre des communes qu'elle était au courant du transfert d'armes russes, mais qu'elle ne pouvait révéler plus de détails en public.

Les députés ont choisi de ne pas l'obliger à aller plus loin dans son témoignage, qui portait sur la détérioration de la situation en Syrie.

La Syrie est de plus en plus isolée de ses voisins et de la communauté internationale, selon Mme Martin.

«Le nombre de ses amis diminue considérablement», a estimé Mme Martin. «Nous espérons que les gens seront convaincus que l'ampleur de la répression et de la violence est insupportable et que le transfert d'armes doit cesser.»

La Russie reste l'un des rares amis de la Syrie.

À ce sujet, le premier ministre Vladimir Poutine a essentiellement conseillé à la communauté internationale de ne pas se mêler des affaires de la Syrie, même si son propre ministre des Affaires étrangères avait rencontré le président el-Assad à Damas la veille.

M. Poutine a déclaré à l'agence de presse ITAR-TASS que les forces étrangères devraient laisser les Syriens régler leurs problèmes entre eux et ne pas «se comporter comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.»

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, a blâmé les forces du régime et l'opposition pour les violences, qui auraient fait plus de 5400 victimes, selon une estimation de l'ONU

«Des deux côtés, il y a des gens qui visent une confrontation armée plutôt qu'un dialogue», a-t-il dit à des journalistes, à Moscou.

Pendant ce temps, la communauté internationale continue d'augmenter la pression sur la Syrie par le biais de sanctions économiques.

Mme Martin a rappelé que le Canada a déjà imposé cinq cycles de sanctions envers la Syrie, et a estimé que les efforts internationaux diminuent l'emprise de Bachar el-Assad sur le pouvoir.

«Nos sanctions et celles de nos partenaires internationaux commencent à porter fruits», a dit Mme Martin, ajoutant qu'elles poussent la Syrie vers la crise économique, ce qui pourrait lui faire perdre le soutien des gens d'affaires.

Elle a précisé que l'ambassade canadienne dans la capitale, Damas, reste ouverte, mais avec moins de personnel. Mme Martin a ajouté que l'ambassadeur Glenn Davidson reste en contact avec le ministre des Affaires étrangères à Ottawa et surveille la situation sur le terrain.