Faisons payer les riches, dit Pauline Marois

Marois

Première Publication: 8/02/2012 14:09 Mis à jour: 10/02/2012 10:39

QUÉBEC - La chef péquiste Pauline Marois se porte à la défense de la classe moyenne, en promettant d'abolir la taxe santé si elle prend le pouvoir.

Les coffres de l'État se priveraient ainsi de 950 millions $ par année, une somme qu'elle irait chercher dans la poche des riches, dont le fardeau fiscal serait alourdi d'autant.

La mesure serait donc appliquée à coût nul pour l'État.

La taxe santé, qui vise à mieux financer le réseau, a été instaurée par le gouvernement Charest en 2010. Il s'agit d'une ponction annuelle de 200 $ prélevée à tous les Québécois, sans égard à leur revenu.

En 2010, la taxe santé avait été fixée à 25 $ par contribuable, à 50 $ en 2011, puis à 200 $ à compter de cette année.

Se disant soucieuse de «rétablir la justice économique», Mme Marois a fait l'annonce de son projet mercredi, au moment même où le ministre des Finances, Raymond Bachand, prépare son prochain budget attendu en mars.

Ainsi, un gouvernement péquiste augmenterait de quatre points de pourcentage l'impôt sur le revenu des particuliers gagnant plus de 130 000 $ et de sept points de pourcentage celui des contribuables dont le revenu dépasse les 250 000 $.

Accusant le gouvernement Charest d'avoir pressé la classe moyenne comme un citron avec les hausses des tarifs d'Hydro-Québec, de la taxe de vente, de la taxe sur l'essence, des droits de scolarité et la taxe santé, Mme Marois a dit vouloir ainsi redonner une part de leur pouvoir d'achat aux contribuables de la classe moyenne.

«Les Québécois ordinaires en ont assez de toujours payer», a dit Mme Marois, en conférence de presse, en qualifiant la taxe santé de «véritable injustice».

Tout le problème du financement du réseau de la santé, qui gruge chaque année une portion plus importante du budget du gouvernement, demeure donc entier.

«Je n'ai pas l'intention d'annoncer aujourd'hui comment nous réglerons le problème du financement de la santé. Ce que je sais cependant c'est qu'on ne l'empire pas avec la proposition que nous faisons aujourd'hui», a dit Mme Marois, restée vague sur d'éventuelles solutions à apporter à ce problème majeur.

En clair, environ 4,7 millions de contribuables garderaient ainsi 200 $ de plus dans leurs poches, chaque année, tandis que quelque 145 000 contribuables fortunés, appelés à faire «leur juste part», le seraient un peu moins.

Quand le ministre Bachand en avait fait l'annonce, en 2010, Mme Marois avait déjà dit que sous son règne elle abolirait cette nouvelle ponction fiscale.

En plus de l'augmentation de l'impôt des particuliers plus aisés, un gouvernement péquiste réduirait de 50 pour cent le crédit d'impôt pour dividendes et la déduction partielle applicable sur les gains en capital, sauf dans le cas de vente d'une résidence principale.

Lorsqu'on lui a demandé si elle était en campagne électorale, Mme Marois a répondu qu'on ne savait jamais à quoi s'en tenir dans le système actuel — d'où son intention d'implanter un régime d'élections à date fixe — et que son parti se devait d'être prêt en tout temps.

«Nous ne nous ferons pas prendre comme la dernière fois», à l'automne 2008, a assuré la chef péquiste.

Lors d'un point de presse, M. Bachand a accusé le Parti québécois de se radicaliser en mettant de l'avant une mesure qui alourdira davantage le fardeau fiscal d'une catégorie de contribuables déjà imposés de façon disproportionnée.

«On a l'impression d'entendre Québec solidaire parler, a-t-il dit. Elle relance la lutte des classes.»

Les personnes gagnant 100 000 $ et plus ne comptent que pour quatre pour cent des contribuables, mais paient pourtant 33 pour cent de l'impôt sur le revenu perçu par l'État, a indiqué le ministre.

«Il y a une limite aussi dans une classe toute petite, vous allez finir par détruire la richesse et nuire à l'économie», a-t-il dit.

Selon M. Bachand, la taxe santé n'empêche pas les familles comptant deux enfants de disposer de 5000 $ à 10 000 $ de plus qu'en 2003.

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Publié par Myriam Lefebvre  |